Détention et silence officiel : quel sort pour Aziz Ghali et Ben Darraoui?

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La détention par l’occupation israélienne des militants marocains Aziz Ghali et Abdeladim Ben Derraoui, enlevés alors qu’ils participaient à la flottille “Soumoud” pour Gaza, plonge la scène des droits humains au Maroc dans l’alerte. Face à un silence officiel qui choque et interroge, la société civile s’organise et réclame l’intervention immédiate de l’État, pour protéger…

Le siège de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) à Rabat, a abrité mercredi 08 octobre au matin, une conférence de presse consacrée à l’affaire de détention de deux militants marocains, Aziz Ghali etAbdeladim Ben Darraoui, par l’entité sioniste. Les détails.

Que fait le Maroc pour ses deux militants détenus ?

Lors de cette rencontre, le bâtonnier Abderrahim Jamai a qualifié cet acte de « crime au regard du droit international », appelant les autorités marocaines à intervenir d’urgence pour sauver leurs citoyens, “même militairement s’il le fallait ”, tout en exprimant sa stupéfaction face à « l’inexplicable silence de l’État ».

« Protéger les citoyens n’est pas une faveur, mais un devoir incontournable de l’État »


Il a souligné que la détention prolongée des deux militants, se heurte à la mobilisation active des organisations civiles, rappelant que « protéger les citoyens n’est pas une faveur, mais un devoir incontournable de l’État ».Selon lui, ce silence engage l’État à la fois moralement et légalement, d’autant plus que les deux Marocains sont détenus dans une zone de guerre où leurs vies respectives  sont immuablement en danger.

« Les citoyens n’ont pour arme que la parole et la mobilisation, tandis que la responsabilité d’agir concrètement pour libérer et protéger les détenus, incombe entièrement à l’État, y compris par une intervention militaire légitime si nécessaire »

Me Jamai a rappelé que « les citoyens n’ont pour seules  armes que la parole et la mobilisation, tandis que la responsabilité d’agir concrètement pour libérer et protéger les détenus incombe entièrement à l’État, dont une intervention militaire légitime si cela s’avérait nécessaire »

Il a dénoncé le manque total d’informations officielles sur leur lieu de détention et leurs conditions d’incarcération.

De son côté, Khadija Ryadi, secrétaire générale de l’AMDH, a mis l’accent sur la dimension politique et humanitaire de cette affaire. Elle a précisé que ce point de presse constitue un acte de dénonciation non seulement de la position du gouvernement marocain, mais aussi des crimes de guerre commis par l’État sioniste contre le peuple palestinien et contre Gaza,  et de surcroit contre les militants de la Flottille pour Gaza, dont l’objectif est de briser le blocus et d’acheminer de l’aide humanitaire aux populations isolées.

Pour Gaza et pour la liberté des deux militants marocains

« Il ne faut pas oublier Gaza, car tout cet effort, toute cette mobilisation, sont d’abord pour Gaza pour mettre fin à ce génocide ».

« Il ne faut pas oublier Gaza », a insisté Ryadi, « car tout cet effort, toute cette mobilisation, sont  prioritairement pour Gaza  dans le but de mettre fin  au génocide. Les crimes se poursuivent, et pendant ce temps, le Maroc n’a même pas eu le courage de réagir face à l’enlèvement de ses propres citoyens, ni même d’assumer sa responsabilité  pour leur protection. »

La militante a réaffirmé la solidarité totale de la Coalition avec les membres de la Flottille, « en particulier avec nos camarades Aziz Ghali et Abdeladim Ben Darraoui», promettant que « la mobilisation ne cessera pas avant leur libération ».
Ryadi a également révélé quun sit-in a été organisé la veille devant le ministère des Affaires étrangères à Rabat, et qu’une lettre a été adressée aux autorités marocaines par La Coalition marocaine des instances des droits humains”, demandant « une intervention urgente pour libérer les deux militants, sans qu’aucune réponse n’ait été donnée jusqu’à présent ».

« Nous n’allons pas arrêter. Si aucune réponse n’est donnée aujourd’hui, d’autres formes de mobilisation suivront. Nous resterons mobilisés jusqu’à la libération de nos deux camarades », a-t-elle affirmé.

 « Les conditions de détention sont dures et humiliantes : forcés de rester agenouillés ou assis pendant des heures sous le soleil, mains liées pendant de longs moments, privés de sommeil à cause d’un éclairage constant et du bruit intense dans des cellules surpeuplées ».

Elle a également relaté les conditions de détention des militants participants aux Flottilles  se dirigeant vers Gaza confirmées par plusieurs sources, dont des témoignages de militants marocains récemment libérés et des rapports d’organisations internationales de défense des droits humains. Selon elle, les détenus ont été soumis à des mauvais traitements systématiques, et dès leur arrestation. Le Centre des droits de l’Homme Adalah décrit « les conditions de détention  sont dures et humiliantes : forcés de rester agenouillés ou assis pendant des heures sous le soleil, mains liées pendant de longues périodes, et privés de sommeil à cause d’un éclairage constant et du bruit intense dans des cellules surpeuplées ».

Les détenus ont également été privés de soins médicaux essentiels, et de médicaments. Certains parmi les détenus ont entamé une grève de la faim illimitée dont Aziz Ghali et Abdeladim Ben Darraoui.

Concernant les informations circulant depuis deux jours et selon lesquelles Aziz Ghali aurait refusé tout contact avec l’ambassade d’Israël, Ryadi a précisé que tous les participants marocains à la Flottille avaient dès le départ rempli un formulaire stipulant qu’en cas d’arrestation, ils ne souhaitent avoir de contact qu’avec le consulat du Maroc à Ramallah. Et d’ajouter : « Si c’est là la raison pour laquelle Ghali et Bendraoui sont toujours entre les mains des autorités sionistes, alors ce serait un véritable scandale, car chaque citoyen a le droit de refuser tout contact diplomatique qu’il juge contraire à sa conscience et valeurs. »

Lors du point de presse, une mise à jour, relayée sur la page officielle de la “Global SoumoudFlotilla” a confirmé que les avocats ont pu rencontrer les deux militants marocains, précisant qu’ils doivent être expulsés comme ce fut le cas pour les autres militants internationaux.

En parallèle, des militants et membres de l’AMDH se sont rendus  mercredi après-midi à l’aéroport  Med V de Casablanca pour accueillir Ayoub Habraoui, un autre membre marocain de la Flottille, et pour renforcer la mobilisation en faveur de la libération de Ghali et Ben Derraoui.
Mercredi soir, une coordination nationale de solidarité a été mise en place afin d’intensifier les efforts et maintenir la pression sur les autorités marocaines.

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