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Héroïnes

Les intrepides MentorElles

À l’heure où l’on célèbre la solidarité et les défis à relever en urgence après le séisme, ce petit livre paru en mars célèbre lwa3rates, celles qui ne connaissent pas l’impossible…

Photographe comme Leila Alaoui. Alpiniste comme Bouchra Baïbanou, nageuse en eau libre comme Nadia Ben Bahtane, chercheuse et physicienne comme Rajaâ Cherkaoui El Moursli, militante des droits humains comme Aïcha Ech Chenna, athlète médaillée d’or comme Nawal El Moutawakel, infirmière comme Emily Keene, la Chérifa de Ouezzane, essayiste et voix majeur de l’islam réformiste comme Asma Lamrabet, sociologue et écrivaine comme Fatima Mernissi, artiste peintre comme Chaïbia Talal… Ce sont dix Marocaines qui ont fait exploser les plafonds de verre imposés aux femmes dans une société traditionnelle dans des domaines considérés comme masculins. Des femmes d’aujourd’hui, même si certaines nous ont quitté, qui sont pour nous toutes et tous des modèles. Des personnes réelles, et non les stéréotypes genrés de contes truffés de « princesses lascives et désespérées et de princes fougueux et belliqueux ». Le collectif Mentor’Elles, constitué pour diffuser une culture de l’empowerment des femmes, a donc choisi dix belles figures contemporaines et nous dit pourquoi elles continuent de nous inspirer.

Croire en ses rêves

À chacune sa citation clef, sur l’idée qu’il faut croire en ses rêves et ne pas leur imposer de limites, mais aussi comme la regrettée Leila Alaoui, « Rappelle-toi toujours que l’autre est ton égal et traite-le comme tel ». « Pas de spiritualité sans libération », selon les mots d’Asma Lamrabet. Et surtout les mots terriblement lucides de Chaïbia Talal : « J’insiste sur l’éducation parce que l’analphabétisme est une blessure. Il faut préparer un Maroc où aucune femme ne soit blessée. Même lorsqu’on réussit, cette blessure ne guérit point. »

Les dessins de Ouidad Samlali cherchent la nuance de l’aquarelle et du crayon, avec des couleurs joyeuses. Ceux de Camélia Khadraoui jouent sur l’efficacité graphique des volumes. On aime le fait que chaque portrait est suivi d’une double pasge explicative pour préciser quelques concepts, donner des ouvertures sur le domaine de l’héroïne en question, des lieux où approfondir sa connaissance… Le tout en arabe et en français, et bien sûr suivi de pages lignées où faire le portrait de son ou de sa 11ème intrépide, consigner ses rêves et ses défis, ses fiertés et ses « petites victoires à célébrer ».

Mentor’Elles, c’est un collectif de « grandes petites filles » : Houda Bennouna, Nasma Jrondi, Samia Mouline, Nozha Lemtouni et Zineb Baiz, bien décidées à transmettre à leurs enfants « que la réalité recèle encore plus d’émerveillements aque dans les contes les plus fous » et constitue « un voyage aux pays de tous les possibles ». Le projet s’inscrit dans une histoire éditoriale déjà fournie, mais est à saluer pour sa fraîcheur et sa capacité à s’adresser autant à des enfants qu’à des adultes. Pour tout lire sur les wa3rates d’hier et d’aujourd’hui, voici quelques pistes :

Sans parler des innombrables portraits, entretiens, autobiographies, enquêtes… à partager sans modération.

Et vous, vous lisez quoi ?

Kenza Sefrioui

Les intrépides, fabuleuses histoires pour héroïnes en herbe – الوعرات، قصص بطلات لا تعرفن المستحيل
Collectif Mentor’Elles
À compte d’auteur, 82 p., 200 DH

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