Inquiétante montée du racisme au Maghreb 

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Discours anti-migrants et négrophobie au Maghreb : les migrants « subsahariens » sont pris pour cible. Tour d’horizon dans la situation dans trois pays : Algérie, Tunisie et Libye.

Les pays du Maghreb se divisent sur plusieurs sujets mais se ressemblent en cette période par des pratiques institutionnelles ou sociétales laissant une place à un discours raciste ou de haine ou de xénophobie. Plusieurs ONG nationales ou internationales alertent sur cette situation. 

Rhétorique raciste sur fond de crise diplomatique en Algérie

La crise diplomatique déclenchée le 1er avril entre le Mali et l’Algérie, a engendrée une escalade de discours racistes dans le pays, venant se superposer aux tensions préexistantes. Dans un communiqué en date du 11 avril 2025, l’ONG SHOAA for Human Rights, a alerté sur « la montée alarmante des discours de haine, de  racisme et de l’incitation à la violence à l’encontre des migrants originaires d’Afrique subsaharienne en Algérie ». Sur les réseaux sociaux — terreau fertile de l’incitation à la haine — des messages appelant notamment à l’expulsion des migrants originaire d’Afrique sub-saharienne, se sont propagés à toute vitesse. Ces discours haineux, qui érigent les migrants en menace sécuritaire contre la population algérienne, ont trouvé une importante caisse de résonance dans l’espace public, jusqu’à être relayés par certains responsables et personnalités politiques.

La crise diplomatique déclenchée le 1er avril entre le Mali et l’Algérie, a engendrée une escalade des discours racistes dans le pays.

La crise diplomatique déclenchée le 1er avril entre le Mali et l’Algérie, a engendrée une escalade de discours racistes dans le pays, venant se superposer aux tensions préexistantes. Dans un communiqué en date du 11 avril 2025, l’ONG SHOAA for Human Rights, a alerté sur « la montée alarmante des discours de haine, de  racisme et de l’incitation à la violence à l’encontre des migrants originaires d’Afrique subsaharienne en Algérie ». Sur les réseaux sociaux — terreau fertile de l’incitation à la haine — des messages appelant notamment à l’expulsion des migrants originaire d’Afrique sub-saharienne, se sont propagés à toute vitesse. Ces discours haineux, qui érigent les migrants en menace sécuritaire contre la population algérienne, ont trouvé une importante caisse de résonance dans l’espace public, jusqu’à être relayés par certains responsables et personnalités politiques.

Ce regain inquiétant de tensions raciales, intervient dans un contexte diplomatique tendu entre l’Algérie et la République du Mali. Le 31 mars, l’armée algérienne a abattu un drone malien qui s’était aventuré à la frontière entre les deux pays, violant ainsi le territoire algérien de 2km, selon les autorités algériennes. En représailles, les forces de sécurités ont procédé à une campagne d’expulsions massives visant les ressortissants maliens résidants en Algérie. Les personnes arrêtées de manière arbitraires, sont placées en détention dans le sud du pays — qui sert d’avant-poste pour les refoulements depuis 2015 — avant leur expulsion dans des conditions qualifiées de dégradantes. 

Dans ce contexte, l’ONG SHOAA « condamne fermement toutes les formes de racisme et de discours de haine, affirmant que toute incitation à la violence ou à la haine fondée sur la couleur, l’origine ou le statut juridique, une violation flagrante des principes des droits humains » et « rappelle que la protection de la dignité humaine est une responsabilité collective, qui ne saurait faire l’objet d’instrumentalisation politique ». En exacerbant les discours anti-noirs en Algérie pour servir leurs intérêts politiques tant internes qu’extérieurs, les autorités mettent en danger des populations déjà marginalisées et vulnérables au risque d’accroître les violences ciblées à caractère raciale. 

Violences et crimes racistes en Tunisie et Libye

En Tunisie, les violences visant les personnes noires ont récemment connu une recrudescence, entraînant la mort de deux personnes.

En Tunisie, les violences visant les personnes noires ont récemment connu une recrudescence, entraînant la mort de deux personnes. Selon un communiqué d’Euromed Rights, publié le 10 avril 2025, les ressortissants d’Afrique de l’Ouest résidant en Tunisie — notamment dans les régions de Sfax, El Amra ou encore Jebeniana — sont la cible de raids et de violences aveugles perpétrées par des groupes civiles armées, tirant indistinctement sur des personnes en raison de la couleur de leur peau. Euromed Rights alerte et dénonce « une violence raciale incontrôlée » à l’encontre des personnes noires présentes dans le pays.

La Tunisie n’est pas le seul pays à connaître, selon l’organisation, une vague de violence raciale sans précédent. En Libye, les migrants sont également « victimes d’un continuum de violence allant de la violence verbale à la torture, en passant par l’esclavage, frôlant  le meurtre ». 

Depuis mars, les personnes migrantes de couleur noire subissent de violentes attaquent : leurs domiciles sont régulièrement incendiés, et les forces de sécurités libyennes se livrent à des arrestations de masse ciblant en particulier les « communautés soudanaises, érythréennes et éthiopiennes, les femmes enceintes  ne sont pas épargnées». Afin de s’assurer qu’aucune aide ne puisse leur être apportée face à cette escalade de violence, les autorités libyennes ont procédé au démantèlement de plusieurs ONG actives auprès des communautés exilées sur le terrain, sous prétexte qu’elles viseraient « à modifier la composition démographique du pays et de constituer une menace pour la société libyenne ». 

Cette « épidémie » de violences racistes a été provoquée par les propos haineux et déshumanisants du gouvernement d’unité nationale libyen

Selon l’ONG Refugees in Libya, cette « épidémie » de violences racistes a été provoquée par les propos haineux et déshumanisants du gouvernement d’unité nationale libyen, installé à Tripoli, qui a appelé à une expulsion de masse des Africains, vendredi 14 mars. Relayée et amplifiée par les réseaux sociaux, cette rhétorique haineuse a contribué à attiser les violences et les discriminations raciales dans le pays. Un peu partout dans l’ouest de la Libye, des milices locales et des civils, appuyés par les forces de sécurités libyennes — notamment les groupes spéciaux formées par l’Union européenne — ont ainsi arrêté, détenu, expulsé et infligé des sévices corporels et sexuels aux personnes noires, provoquant la mort d’au moins deux d’entre elles. Celles et ceux qui ont pu échapper à cette vague de violence, ont été chassés de leurs domiciles ou encore licencié.

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