Naufrage des jeunes d’El Attaouiya: Ce que l’on sait…

Attaouya

Un nouveau drame de l’immigration sur les côtes marocaines. 51 Marocains sont portés disparus. Les détails. 

Les habitants de la ville d’El Attaouiya ont la main sur le cœur. Les familles de personnes disparues lors de la traversée dans l’embarcation du 11 juin vers les îles Canaries se rassemblent chaque jour au centre de cette localité située à 75 km de Marrakech pour exiger une intervention des autorités pour trouver ces migrants disparus en mer depuis plus de dix jours. Les ONG et partis politiques locaux exigent une intervention « urgente de l’Etat » pour trouver cette embarcation. 

Douze jours sans nouvelles 

« À ce jour, nous n’avons plus aucune nouvelle de ce qui aurait pu leur arriver. Nous espérons que les autorités marocaines pourront élucider leur sort ».

Amine Aharrouy, membre des familles des disparus

Ils étaient 51 personnes originaires de cette ville faisant partie de la province de Kelâat Sraghna, après avoir tenté de rallier les îles Canaries. Comme bons nombres de jeunes Marocains en cette période, ils ont pris la route de l’Atlantique avec un départ depuis Agadir, avec pour objectif Las Palmas en Espagne dans deux à trois jours.

Dix jours plus tard, les familles sont sans nouvelles. « À ce jour, nous n’avons plus aucune nouvelle de ce qui aurait pu leur arriver. Nous espérons que les autorités marocaines pourront élucider leur sort », a déclaré Amine Aharrouy, membre des familles des disparus, à l’AFP.La province de Kelâat Sraghna est l’épicentre de l’actuelle vague de départ des jeunes migrants marocains. Des organisations associatives et politiques appellent à accélérer les recherches et apporter des solutions durables à la jeunesse de la région.  

Une région marginalisée 

’Association marocaine des droits de l’Homme (AMDH), section d’El Attaouiya et Tamelalt a publié un communiqué, le 22 juin, sur ce nouveau drame migratoire. L’ONG appelle « les autorités concernées à enquêter et intervenir immédiatement pour révéler le sort de ces jeunes sans nouvelles. Il faut informer les familles de la vérité et de toutes les données sur ce drame », exige l’AMDH localement. 

« Nous appelons à l’ouverture d’une enquête urgente pour mettre à nu les réseaux de traite des êtres humains et de migration irrégulière qui ont laissé derrière eux de grandes tragédies, car de nombreuses familles de la province de Kalaat Sraghna ont été meurtries, et à de nombreuses reprises », regrette l’AMDH. 

Le Parti socialiste unifié (PSU) au sein de la province rejoint l’ensemble des revendications de l’AMDH. Le parti de gauche annonce qu’il suit « avec consternation la hausse exponentielle de l’immigration irrégulière ». 

La situation de l’embarcation du 11 juin n’est pas inédite. « Dans la région, la fréquence des tragédies qui ont coûté la vie à un certain nombre de jeunes de la région, laissant derrière eux un profond chagrin et des blessures avec leurs familles et leurs proches et pour l’ensemble de la région », déplore le PSU localement. Ce parti appelle à « mettre fin à la politique d’exclusion de la région source de ces drames ». 

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