Oussama El Khlifi : En mémoire d’un militant

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Ami-e-s, militant-e-s et famille d’Oussama El Khlifi se sont réunis le 20 février 2025 à Rabat pour rendre hommage à ce jeune militant disparu récemment à la suite d’une longue maladie.

Le siège de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) à Rabat, sis boulevard Hassan II, a ouvert ses portes cet après-midi du 20 février 2025 à l’occasion d’une rencontre pour un hommage spécial réservé au jeune Oussama El Khlifi, un des premiers citoyens marocains à avoir lancé l’appel pour manifester pour « La liberté, la dignité et la justice sociale » en 2011 dans le contexte du Printemps des peuples. Décédé le 24 janvier à la suite d’un cancer foudroyant, cette rencontre souvenir et hommage a été moment où nous avons découvert sa famille proche, encore inconsolable.  

Lanceur d’appel

« Oussama a réussi par son audace à inscrire cette date dans l’histoire du Maroc ».

Dans la grande salle du siège de l’AMDH, le public était peu nombreux pour venir assister à cette rencontre-hommage. À la tribune, Sara Soujar, figure féminine du 20 février, rappelait la symbolique de cette journée historique qui « était un jour de fête pour la jeunesse marocaine, il y a quatorze ans ». Parmi les initiateurs de ce mouvement marocain pour la démocratie et la justice sociale, il y avait El Khlifi. Dans une vidéo célèbre, il s’est filmé dans sa chambre pour annoncer et appeler les « jeunes pour manifester pour la liberté le 20 février ». Il sera rejoint par plusieurs appels similaires. « Oussama El Khlifi était le premier à avoir fait cet appel dans un premier avec la date du 27 février pour il l’a changé pour le 20 février », rappelle l’historien et défenseur des droits humains, Maâti Mounjib. « Oussama a réussi par son audace à inscrire cette date dans l’histoire du Maroc », poursuit-il. 

« Oussama était un jeune dynamique, vif d’esprit, un peu impulsif, mais nous avions besoin de cette énergie dans le mouvement à cette période ».

Omar Radi, journaliste, membre fondateur également du Mouvement du 20 février et ex-prisonnier politique, témoigne : « Oussama était un jeune dynamique, vif d’esprit, un peu impulsif, mais nous avions besoin de cette énergie dans le mouvement à cette période. Oussama est devenu une figure populaire du mouvement. Ceci nous a permis de ramener plein de jeunes au sein du mouvement », se remémore cet activiste du 20 février à Rabat. 

Politique et justice

Après le mouvement du 20 février, Lakhlifi a connu plusieurs expériences politiques et des démêlés avec la justice. Le jeune militant s’est engagé dans la politique partisane en rejoignant le Parti authenticité et modernité (PAM), avant d’être expulsé par le parti du tracteur. Il a été poursuivi à deux reprises dans des affaires différentes. 

L’ancien leader du mouvement du 20-Février, Oussama El Khlifi, a été condamné en 2019 par le tribunal de première instance de Salé, à 3 mois de prison ferme et 5.000 DH d’amende. El Khlifi, qui était placé en détention préventive, était poursuivi pour « incitation publique au meurtre », à la suite d’un post Facebook où il avait qualifié les leaders du PJD, dont le chef du gouvernement de l’époque Saâd-Eddine El Othmani. En 2013, il avait été aussi condamné par justice à quatre ans de prison ferme, notamment pour « viol d’un mineur ».
A noter que plusieurs jeunes figures du mouvement du 20 février sont disparus aussi à la suite de maladies incurables comme Ghizlane Benomar de Casablanca ou Bouchra Chatouani d’Agadir. 

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