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Tragédie de Nador-Melilla : L’appel d’Amnesty International  

Callamard, the UN special rapporteur on extrajudicial executions poses after a session of the Human Rights Council in Geneva
Agnes Callamard, the U.N. special rapporteur on extrajudicial executions poses after a session of the Human Rights Council at the United Nations in Geneva, Switzerland, March 7, 2019. REUTERS/Denis Balibouse

Amnesty International accuse l’Espagne et le Maroc de dissimuler les faits sur la tragédie de Nador-Melilla survenu le 24 juin. Les détails du réquisitoire de cette ONG internationale.  

Les réfugiés sont restés jusqu’à 3 heures sans secours. Photo : AMDH Nador.

Pour Amnesty International (AI), il y a un obstacle à connaître la vérité sur le drame du 24 juin. « L’échec désastreux des autorités espagnoles et marocaines à dévoiler la vérité sur la mort d’au moins 37 personnes originaires d’Afrique subsaharienne et sur la disparition de 77 autres après les événements mortels survenus à la frontière de l’enclave espagnole de Melilla, ainsi qu’à garantir que justice leur soit rendue, sent la dissimulation », pointe AI dans un communiqué publié en début du mois, à la suite de son rapport sur la tragédie. 

Déni et dissimulation 

Sous le titre : « Ils l’ont frappé à la tête pour voir s’il était mort », AI présente ses éléments « attestant de crimes de droit international commis par le Maroc et l’Espagne à la frontière à Melilla », estime l’ONG Prix Nobel de la paix. Le rapport détaille les événements survenus lorsque des personnes migrantes et réfugiées majoritairement soudanais ont tenté de traverser la frontière depuis le Maroc vers l’Espagne le 24 juin 2022.

« Les preuves s’accumulent au sujet de multiples violations graves des droits humains, notamment d’homicides illégaux et de mauvais traitements ». 

Agnès Callamard, SG d’Amnesty International 

« Alors que nous commémorons ces tristes événements, six mois plus tard, les autorités espagnoles et marocaines continuent de nier toute responsabilité dans le carnage de Melilla. Les preuves s’accumulent au sujet de multiples violations graves des droits humains, notamment d’homicides illégaux et de mauvais traitements de personnes réfugiées et migrantes, en plus de l’absence d’informations, à ce jour, sur l’identité des personnes décédées et le sort des personnes disparues », affirme la secrétaire générale d’Amnesty International, Agnès Callamard, citée dans le communiqué.

« Cette situation sent la dissimulation et le racisme, en même temps qu’elle remue le couteau dans une plaie déjà douloureuse ». 

Agnès Callamard, SG d’Amnesty International 

Et d’ajouter : « Cette situation sent la dissimulation et le racisme, en même temps qu’elle remue le couteau dans une plaie déjà douloureuse. Il est essentiel que les deux gouvernements fassent éclater la vérité et la justice au sujet des événements de cette journée, afin que rien de tel ne se reproduise à l’avenir ».

Le rapport condamne également « l’usage illégal de la force à Melilla laisse une tache indélébile, non seulement sur les mains des forces de sécurité marocaines et espagnoles, mais aussi sur celles de toutes les personnes qui défendent des politiques migratoires racistes, susceptibles d’engendrer des préjudices et des violences contre les personnes qui cherchent à franchir les frontières ».

« Aucun des deux pays n’a mené d’enquêtes efficaces et transparentes pour établir la vérité sur les événements de cette journée. De manière répétée, les autorités marocaines ont empêché les familles et les organisations expertes de chercher les personnes disparues », déclare l’ONG.

À partir de témoignages oculaires, de séquences vidéo et d’images satellite, le rapport dresse un tableau détaillé et terrible de ce qui est arrivé lorsque 2 000 personnes migrantes et réfugiées ont tenté de traverser le poste-frontière Barrio Chino. L’organisation a également communiqué un résumé de ses conclusions aux deux gouvernements en novembre 2022. Elle n’a reçu aucune réponse », lit-on dans le même document. 

Les autorités marocaines avaient répondu au Conseil des droits de l’homme à Genève, se défendant « que les interventions des forces de l’ordre marocaines se sont faites de manière proportionnelle et dans le respect de la loi marocaine ». 

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