Xénophobie sur les réseaux sociaux : Le RMJM sonne l’alerte !

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Des campagnes négrophobes se multiplient en ligne, attisées par des discours racistes. Le Réseau marocain des journalistes des migrations (RMJM) appelle les médias marocains à un sursaut éthique. Les détails.

Le langage est clair, violent, et tristement familier : « Grand remplacement », « colonisation africaine », « invasion démographique ».

Depuis des semaines, des campagnes haineuses ciblant les personnes noires, en particulier les migrant·e·s originaires d’Afrique subsaharienne circulent sans retenue sur Facebook et X. Le langage est clair, violent, et tristement familier : « Grand remplacement », « colonisation africaine », « invasion démographique ». Des éléments de langage venus tout droit de l’extrême droite occidentale, recyclés aujourd’hui dans le débat public marocain.

Un climat global de « normalisation du racisme »

« Ces campagnes instrumentalisent des discours de suprémacisme noir, marginaux en Afrique, pour légitimer des comportements et des propos racistes au Maghreb et au Maroc »

« Ces campagnes instrumentalisent des discours de suprémacisme noir, marginaux en Afrique, pour légitimer des comportements et des propos racistes au Maghreb et au Maroc », alerte le RMJM dans son communiqué publié le 21 juillet.

Mais ces discours ne se contentent pas d’enflammer les réseaux. Ils s’installent progressivement dans les conversations, dans les commentaires, dans certains titres de presse. L’espace médiatique, déjà fragilisé par le sensationnalisme, devient le terrain d’une bataille idéologique sur fond de xénophobie, où les personnes noires deviennent des boucs émissaires d’une anxiété sociale et politique croissante.

Cette dynamique s’inscrit dans « un contexte mondial et régional animé par des discours d’exclusion, de racisme, de xénophobie et de nationalisme exacerbé, portés par des chefs d’État du Nord comme du Sud »

Ce qui se joue au Maroc n’est pas isolé. Le RMJM rappelle que cette dynamique s’inscrit dans un contexte international plus large :
« Un contexte mondial et régional animé par des discours d’exclusion, de racisme, de xénophobie et de nationalisme exacerbé, portés par des chefs d’État du Nord comme du Sud ».

De l’Espagne à la Tunisie, des actes violents ciblant les personnes noires se multiplient. À Torre Pacheco, en Espagne, des violences racistes ont récemment secoué la communauté maghrébine et africaine.

Dans ce climat, les plateformes numériques jouent un rôle central. « Une fuite en avant des plateformes numériques (META et X particulièrement) et leur renoncement assumé à leur devoir de modération des contenus racistes », dénonce le RMJM.

Pour une mobilisation médiatique éthique et concrète

Face à cette montée du racisme et de la xénophobie, le RMJM ne se contente pas de dénoncer. Il propose une série de recommandations précises et ciblées pour l’ensemble des acteurs du paysage médiatique marocain :

  • Aux journalistes et rédactions : respecter les chartes professionnelles, privilégier l’enquête de terrain, éviter la dramatisation et donner la parole aux migrant·e·s de manière digne et contextualisée.
  • Aux médias publics : traiter régulièrement et de manière indépendante les sujets liés aux migrations, organiser des débats publics, et contribuer à la sensibilisation du grand public.
  • Aux instances de régulation : exercer une vigilance active face aux discours de haine, former les journalistes, et produire des études sur le traitement médiatique des migrations.

Le RMJM rappelle d’ailleurs que la Charte de déontologie du journalisme au Maroc interdit explicitement « les pratiques de discrimination sur la base du sexe, de l’origine ethnique, de la religion… ».

Le RMJM rappelle d’ailleurs que la Charte de déontologie du journalisme au Maroc interdit explicitement « les pratiques de discrimination sur la base du sexe, de l’origine ethnique, de la religion… ». Un article souvent cité et rarement appliqué

Le journalisme comme rempart, pas comme relais

Dans ce climat délétère, le rôle des journalistes est plus crucial que jamais. Il ne s’agit pas seulement de « couverture médiatique », mais d’un choix éthique : celui de refuser l’indifférence et de prendre position contre la haine par exigence professionnelle.

Le RMJM rappelle également l’existence sa récente étude relative au traitement médiatique des migrations étrangères dans la presse digitale marocaine, fruit de plusieurs mois de recherche. « Cette étude est un outil de plaidoyer et de sensibilisation des médias, de la société civile et du grand public pour une meilleure prise en compte des enjeux des migrations étrangères au Maroc », conclut le RMJM.

Lien de l’étude ici :
https://drive.google.com/drive/folders/1iY9TF1Abh71pzpopSTUnLEMVYN3tkarn

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