S’ouvre dans un nouvel onglet

Maâti Monjib dénonce sa suspension de l’université 

WhatsApp Image 2023 03 09 at 11.53.17

L’historien et défenseur des droits humains marocain Maâti Monjib vient d’être limogé de son poste de professeur universitaire à Rabat. Il dénonce une mesure « illégale » visant à « intimider » les intellectuels « critiques du pouvoir ». Témoignage.  

Maâti Monjib et son comité de soutien lors de la conférence de presse organisée jeudi 09 mars au siège de l’AMDH Rabat

C’est le dernier acte de différentes formes de harcèlement qu’il subit depuis dix ans. Maati Monjib a été notifié le 1er mars de sa suspension « jusqu’à nouvel ordre » de son poste de professeur à l’Institut des études africaines (IEA) de Rabat.

Multiples procès 

« Il s’agit de décisions illégales et c’est une manière de faire peur et de semer la terreur au sein de la communauté enseignante ou des fonctionnaires qui expriment des positions critiques vis-à-vis du pouvoir », déclare-t-il, lors d’un point de presse tenu à Rabat. 

Cette suspension s’accompagne du non-versement de son salaire et motivée par « les poursuites judiciaires dont je fais l’objet et ma condamnation il y a deux ans, mais c’est un prétexte », a-t-il ajouté.

« Il s’agit de décisions illégales et c’est une manière de faire peur et de semer la terreur au sein de la communauté enseignante ou des fonctionnaires qui expriment des positions critiques vis-à-vis du pouvoir ».

Maâti Monjib, historien et défenseur des droits humains

Pour rappel, ce militant et chercheur a été condamné en première instance début 2021 à un an de prison ferme pour « fraude » et « atteinte à la sécurité de l’Etat » au terme d’un procès ouvert en 2015. Une nouvelle audience en appel est prévue le 11 mai 2023.

Il est accusé aussi de « malversations dans la gestion d’un centre qu’il avait créé pour promouvoir notamment le journalisme d’investigation ». Des accusations qu’il rejette. Dans le cadre de cette enquête, M. Monjib est interdit de quitter le territoire marocain et ses biens sont gelés.

Son comité de soutien appelle « à la fin de cette série de mesures arbitraires » et « l’arrêt des poursuites judiciaires à son encontre » et « la suspension de la décision de l’Université Mohammed V à son en égard ». M. Mounjib avait entamé une grève de la faim de 48h du mercredi 08 mars au vendredi 10 mars pour protester contre sa suspension.

À Lire aussi
  • Le livre des abandons et de l’amour

    Le dernier roman de l'écrivain palestinien Karim Kattan, en lice pour onze prix littéraires, dont le prix de la littérature arabe et le prix Médicis, est un fascinant récit de route à travers un pays anéanti.

    Septentrionale Karim Kattan
    23 octobre 2026
  • Le défi de Archane : oui, mais devant un juge

    À 87 ans, l'ancien commissaire Mahmoud Archane défie ses accusateurs dans un débat télévisé. Il mérite mieux : un procès équitable, seul cadre où les faits, les témoignages et les documents peuvent parler. Les tortionnaires ne meurent jamais. Ils ont plusieurs vies. Ils survivent dans le marécage de la (non-)vie politique marocaine. Mahmoud Archane, accusé…

    Edito

    Edito

    22 octobre 2026
  • Seul le rêve

    Le dernier roman de Abdellah Taïa est en lice pour la 100ème édition du prix Renaudot. Un roman sur le lien et la constance à soi.

    Debout dans tes reves Abdellah Taïa
    16 octobre 2026
  • Inscrivez-vous à la Newsletter des Sans Voix 


    Contre l’info-obésité, la Newsletter des Sans Voix