Affaire Monjib : Son Comité dénonce « l’arbitraire »
Le 5 juin 2026, le Comité national de suivi du dossier du Dr Maâti Mounjib a tenu une conférence de presse à Rabat pour dénoncer une nouvelle interdiction de voyage, survenue la veille à l’aéroport de Rabat-Salé — sans décision écrite, sans base légale.
Le Comité national de suivi du dossier du Dr Maâti Mounjib a organisé un point de presse ce 5 juin 2026 au siège de l’AMDH à Rabat, au lendemain d’un nouvel épisode d’interdiction de voyage visant le professeur universitaire et défenseur des droits humains. La veille, à l’aéroport international de Rabat-Salé, Mounjib s’était vu refuser le droit de quitter le territoire alors qu’il s’apprêtait à rejoindre Paris pour participer à un colloque scientifique sur les indépendances maghrébines, organisé par le CAREP à l’occasion du soixante-dixième anniversaire de l’indépendance du Maroc.
L’arbitraire sans papier
Privé de voyager, de travailler, de salaire, de couverture médicale — et pourtant gracié. Pour le Comité, l’affaire Mounjib est devenue « un exemple flagrant de souffrance humaine indigne ».
L’interdiction est tombée sans un seul document produit, sans fondement juridique invoqué. À l’aéroport, Mounjib a manifesté seul pendant une demi-heure pour exiger une réponse. En vain.
Ce qui révolte le Comité autant que l’interdiction elle-même, c’est l’absence totale de cadre légal affiché. Aucune décision écrite n’a été remise à Mounjib, aucun fondement juridique n’a été invoqué. L’historien a manifesté seul dans le hall pendant près d’une demi-heure pour exiger une explication. Il n’en a obtenu aucune. Pour le Comité, cette opacité constitue une violation flagrante de l’État de droit : « Comment peut-on priver un citoyen d’un droit fondamental sans lui remettre une décision administrative ou judiciaire lui permettant de connaître les motifs de cette interdiction ou d’exercer son droit de la contester ? »
Cet épisode s’inscrit dans une séquence plus large. Quelques semaines plus tôt, Mounjib s’était déjà vu interdire l’accès au Salon international du livre de Rabat. Avant cela, une décennie de restrictions accumulées : gel de comptes bancaires, saisie de biens, suspension de poste universitaire, de salaire et de couverture médicale. Septuagénaire, il souffre de diabète, d’hypertension et de maladies cardiaques — séquelles, notamment, des multiples grèves de la faim menées depuis 2015.
La grâce royale ignorée ?
« Sommes-nous face à des instances qui se considèrent au-dessus de la volonté de l’État ? » La question du Comité, adressée publiquement, reste sans réponse officielle.
La question centrale posée par le Comité est celle-là : que vaut la grâce royale accordée à Mounjib en juillet 2024, si les restrictions perdurent ? « Que signifie la poursuite des mesures portant atteinte à ses droits fondamentaux après cette initiative royale ? Sommes-nous face à des instances qui se considèrent au-dessus de la volonté de l’État ? », interroge publiquement le Comité.
Ce dernier indique avoir sollicité plusieurs institutions sans obtenir de réponse, à l’exception de la Délégation ministérielle chargée des droits de l’homme et du Conseil national des droits de l’homme, qui ont accepté de recevoir une délégation. Le Comité réclame désormais une solution « juste, globale et équitable », et avertit que le maintien de cette situation « nuit à l’image du Maroc et alimente les critiques internationales en matière de droits humains ».
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Liste des institutions contactées par le Comité : Dans le cadre de ses actions, Le Comité a pris l’initiative de solliciter une rencontre avec un certain nombre de ministères et d’institutions nationales concernés
¬ la Présidence du gouvernement
¬ le ministère de l’Enseignement supérieur
¬ le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger
¬ le ministère de l’Intérieur
¬ Le Conseil supérieur de la magistrature
¬ La présidence du parquet général
¬ Le ministère de la Justice
¬ La Délégation ministérielle chargée des droits de l’homme
¬ Le Médiateur
¬ Le Conseil national des droits de l’homme
¬ La Direction générale de la sécurité nationale