S’ouvre dans un nouvel onglet

Migrants au Maroc : Dix ans de promesses non tenues

Screenshot 2026 06 10 at 19.57.52

Neuf organisations de la société civile au Maroc ont adopté une déclaration commune exigeant la réforme de la politique migratoire marocaine, dix ans après la SNIA.

Le texte dresse un bilan sévère de la Stratégie nationale d’immigration et d’asile (SNIA), dix ans après son adoption. Malgré les engagements affichés, les signataires dénoncent une mise en œuvre « largement incomplète, fragmentée et insuffisante ». Réuni à Rabat le 23 mai 2026, le groupe de travail « Droits en mouvements » d’EuroMed Droits a adopté une déclaration commune signée par neuf organisations, dont l’AMDH, l’OMDH, le Réseau marocain des journalistes des migrations, le Conseil des migrants subsahariens au Maroc (liste complète ci-dessous).

« Nous refusons cet écart entre discours et réalité. »

Discriminations, violences, insécurité juridique, absence d’une loi sur l’asile : la réalité des migrants et réfugiés au Maroc reste éloignée des discours officiels. La déclaration appelle à des réformes urgentes sur les plans juridique, institutionnel et social, et dénonce également les nouvelles orientations de l’Union européenne sur les retours, jugées contraires au principe de non-refoulement.

Une loi obsolète, une protection inexistante

« Les droits des personnes migrantes et réfugiées ne sont ni négociables, ni conditionnels. »


Dix ans après la SNIA, le cadre juridique marocain n’a pas suivi. La loi n° 02.03 sur l’entrée et le séjour des étrangers, vieille de plus de vingt ans, n’a toujours pas été réformée. Pire, aucune loi sur l’asile n’a été adoptée, laissant des milliers de personnes dans ce que les signataires qualifient d’« insécurité juridique inacceptable ». Sur le terrain, les organisations documentent des pratiques discriminatoires, des violences récurrentes et une précarisation croissante des conditions de vie. Les voix des personnes concernées restent absentes des processus de décision.

Des exigences concrètes, une mobilisation affirmée

« Notre engagement est total. Notre vigilance sera constante. »


Face à ce constat, les neuf organisations signataires formulent des demandes précises. Sur le plan juridique : réforme immédiate de la loi n° 02.03, adoption sans délai d’une loi sur l’asile, instauration d’une gouvernance coordonnée. Sur le plan des droits : accès effectif à la santé, à l’éducation, au logement et à la justice, sans discrimination. Les signataires réclament aussi la reconnaissance institutionnelle de la société civile comme partenaire à part entière dans l’élaboration des politiques publiques, et dénoncent la montée des discours racistes et xénophobes dans l’espace médiatique.

« La marginalisation de la société civile, pourtant actrice clé dans la protection des droits ». 

La déclaration de Rabat s’inscrit dans un contexte tendu, marqué par les nouvelles orientations européennes sur les retours dits « sûrs » — une politique que les signataires jugent contraire aux engagements internationaux en matière de droits humains. En se positionnant collectivement, ces organisations envoient un signal clair : la migration ne sera ni instrumentalisée ni déshumanisée. Le prochain test de cette mobilisation sera la traduction de ces exigences en actes, dans les prochains mois de l’agenda législatif marocain.

Organisations signataires :

  • Association Marocaine des Droits Humains (AMDH)
  • Organisation Marocaine des Droits Humains (OMDH)
  • Association Démocratique des Femmes du Maroc (ADFM)
  • Association Adala pour le Droit à un procès équitable
  • Réseau Marocain des Journalistes des Migrations (RMJM) 
  • Conseil des Migrants Subsahariens au Maroc 
  • Association Aide aux Migrants en Situation Vulnérable (AMSV Maroc)
  • Enass Medias
  • Euromed Droits

Mention IA : cet article a été rédigé avec l’assistance de l’IA Claude.

À Lire aussi
  • Sebta 2026 : Mohammed VI se prononce sur l’immigration et la jeunesse

    C’est une première ! le roi Mohammed VI exprime ses positions au sujet des évènements tragiques de Sebta 2026. Il fait le diagnostic de la gestion migratoire et propose un nouveau modèle de coopération avec l’Europe et appelle à faire de la jeunesse « la priorité ». Les détails.

    DBP0436.jpg 09102026

    Actualités

    10 octobre 2026
  • Aéroports, ces frontières qui trient

    Vitrines de la mobilité mondialisée, les aéroports sont aussi des machines à trier : ceux qui passent, ceux qui attendent, ceux que l’on renvoie. Entre Casablanca et Orly, quatre scènes vues et entendues au fil de mes déplacements.

    Screenshot 2026 10 09 at 18.56.02

    Tribunes

    9 octobre 2026
  • Violences contre les migrants à Sebta : Attac interpelle Rabat et Madrid

    Coups, humiliations, expulsions et absence de protection : plus de deux mois après les événements de Sebta, Attac Maroc interpelle les autorités marocaines et espagnoles sur les violations visant les migrants. Les détails. Dans un communiqué publié lundi 5 octobre, l’association réclame des enquêtes indépendantes et dénonce une coopération frontalière qui augmente le coût humain…

    WhatsApp Image 2026 10 06 at 17.41.30

    Actualités

    6 octobre 2026
  • Inscrivez-vous à la Newsletter des Sans Voix 


    Contre l’info-obésité, la Newsletter des Sans Voix