De Oujda à Sebta : mobilisation contre les crimes migratoires
Les initiatives mondiales de Commemor-Action 2026 ont été lancées dans une trentaine de villes à travers la Méditerranée. Au Maroc, Oujda, Tétouan et Sebta figurent parmi les villes mobilisées contre les politiques sécuritaires aux frontières.
« Chaque vie vaut plus que leurs lois, leurs murs et leurs armes ». Tel est le slogan de l’appel à cette mobilisation transnationale.
« Chaque vie vaut plus que leurs lois, leurs murs et leurs armes ». Ce slogan accompagne l’appel à une mobilisation transnationale décentralisée organisée à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le régime mortifère aux frontières. L’initiative vise également à exiger vérité, justice et réparation pour les victimes de la migration et leurs familles. Cet appel a été lancé à travers une déclaration signée par des « familles, ami·e·s et personnes solidaires des migrant·e·s décédé·e·s ou disparu·e·s en raison des violences d’État le long des routes migratoires et dans nos quartiers ».
Au Maroc, plusieurs organisations ont rejoint cet appel, notamment à Oujda (du 5 au 7 février), à Nador (le 7 février), à Martil-Tétouan (du 6 au 8 février), à Tanger (le 5 février) et à Sebta (Ceuta) le 6 février.
Il y a quatorze ans, le 6 février 2014, au moins quinze personnes ont perdu la vie et des dizaines d’autres ont disparu au large de la plage de Tarajal, alors qu’elles tentaient d’atteindre l’enclave espagnole de Ceuta. Les autorités avaient violemment réprimé leur tentative de traversée. Ce drame est depuis devenu un symbole des politiques répressives menées contre les migrants dans les zones frontalières.
Actions multiples de l’AMSV
Les activités annoncées par l’Association marocaine d’assistance aux migrants en situation vulnérable (AMSV) comprennent notamment une conférence nationale, un sit-in près de la frontière algéro-marocaine, aux environs de Saïdia, ainsi que des activités artistiques.
À Oujda, l’AMSV a lancé les activités de la Commemor-Action 2026 par une conférence de presse organisée le 5 février, suivie d’une présentation littéraire. Le 6 février, à l’occasion de la Journée internationale contre la répression létale aux frontières de l’Europe, l’association a annoncé vouloir « se réunir avec recueillement pour commémorer les personnes mortes ou disparues, dénoncer la violence des politiques migratoires restrictives et résister à la déshumanisation de celles et ceux qui prennent le chemin de l’exil pour fuir les persécutions ou chercher de meilleures conditions de vie, au péril de leur existence ».
Dans son communiqué présentant la programmation 2026, l’AMSV affirme : « Nous exigeons vérité, justice et réparation pour les victimes de la migration et leurs familles. L’agence européenne Frontex constitue l’un des principaux instruments de cette répression systématique et représente une violation flagrante des droits fondamentaux des migrants. Nous appelons à son abolition ».
Parmi les activités prévues figurent une conférence nationale, un sit-in près de la frontière algéro-marocaine, dans la région de Saïdia, ainsi que plusieurs manifestations artistiques.
Mobilisation de l’AMDH Oujda
De son côté, l’Association marocaine des droits humains (AMDH) d’Oujda, en partenariat avec l’AMDH Nador et Alarm Phone Oujda, a élaboré un programme de commémoration.
Cette année, les militants de l’AMDH Oujda participent également à la Commemor-Action 2026. La section locale, en partenariat avec l’AMDH Nador et Alarm Phone Oujda, a préparé un programme placé sous le thème : « Migrer pour vivre, pas pour mourir ».
L’AMDH prévoit notamment « une introduction à l’appel à l’Action commémorative », suivie d’un témoignage et de performances artistiques. Ces activités sont programmées le 7 février au siège de l’Union marocaine du travail (UMT) à Oujda.
À Sebta, les militants locaux et espagnols annoncent l’organisation d’une nouvelle Marche de la dignité le 7 février, sous le slogan : « Tarajal, plus jamais : à bas le racisme, mémoire de la résistance ». Cette marche, initiée par un collectif espagnol d’ONG et d’activistes, se clôturera sur la plage de Tarajal, lieu de mémoire du drame migratoire de 2014.
Selon plusieurs organisations, le nombre de morts et de disparitions sur les routes migratoires vers l’Europe n’a cessé d’augmenter ces dernières années, que ce soit en Méditerranée, sur la route des îles Canaries, aux frontières intérieures de l’Union européenne, dans la Manche, aux frontières orientales, le long de la route des Balkans, dans le désert du Sahara ou dans d’autres régions du monde. On estime que plus de 70 000 personnes ont perdu la vie ou disparu sur ces routes entre 2014 et 2025.
Pour suivre la mobilisation, voir le site internet et la page Facebook CommemorAction.
Liste des commémor’actions :
MAROC
- Oujda, 05 au 07 février
- Martil Tétouan, 06/08 février
- Tanger, 05 février
- Nador, 07 février
MAURITANIE
- Nouakchott, 06-07 février
- Nouadhibou, 07 février
LIBYE
- Tripoli, 06 février
TUNISIE
- Tunis, 05 février
CAMEROUN
- Edea, 06 février
GUINEE
- Mamou, 06/07 février
SENEGAL
- Mbao, 06 février
- Nbour, 06 février
CÔTE D’IVOIRE
- Grand Bassam, 06 février
ALLEMAGNE
- Leipzig, 06 février
- Frankfort, 06 février
- Berlin, 06 février
- Cologne, 07 février
- Hambourg, 06 février
AUTRICHE
- Vienne, 06 février
ESPAGNE
- Asturias, 06 février
- Mallorca, 07 février
- Ceuta, 07 février
BELGIQUE
- Bruxelles, 06 février
ITALIE
- Milano, 13 février
- Messina, 07 février
- Palermo, 5 février
FRANCE
- Calais, 06 février
- Saint-Etienne, 06 février
- Briançon, 05 au 07 février
- Marseille, 06 février
- Douarnenez, 06 février
- Grenoble, 07 février
- Nantes, 07 février
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