L’AMDH et Alarm Phone : Front commun contre la violation des droits des migrants
Les sections d’Oujda et de Nador de l’Association marocaine des droits humains (AMDH), en partenariat avec le collectif « Alarm Phone » au Maroc, ont commémoré à Oujda le douzième anniversaire du drame de Tarajal, survenu en 2014 à la frontière de Sebta. Les détails.
Cette initiative militante a rendu hommage aux migrants décédés et réaffirmé la nécessité de défendre le droit à la vie et à la liberté de circulation.
La rencontre, organisée le 7 février 2026 à la salle de l’Union marocaine du travail, a rassemblé des acteurs du mouvement des droits humains de l’Oriental et du Rif, ainsi que de nombreux migrants et réfugiés originaires d’Afrique de l’Ouest et du Soudan. Des banderoles appelant au respect des droits des réfugiés étaient déployées dans la salle, aux côtés d’un drapeau palestinien. Cette initiative militante a rendu hommage aux migrants décédés et réaffirmé la nécessité de défendre le droit à la vie et à la liberté de circulation, tout en appelant à la poursuite des responsables des violations commises contre les migrants. Elle s’inscrit dans le cadre des Commémo-Actions 2026 organisées dans plusieurs villes du nord et du sud de la méditerranée.
Tragédies à répétition
Les participants ont appelé à l’ouverture d’enquêtes sur les violations et à la fin de la criminalisation de la migration.
Les organisateurs ont rappelé la tragédie du 6 février 2014, lorsque quinze migrants subsahariens ont péri par noyade au large de la plage de Tarajal, après avoir été la cible de tirs de balles en caoutchouc alors qu’ils tentaient de rejoindre Sebta. La commémoration a également été l’occasion d’exprimer la solidarité avec les migrants à travers le monde et de dénoncer le racisme, la discrimination et les politiques migratoires sécuritaires.
Mohamed El Karzazi, président de l’AMDH-Oujda, a mis en garde contre la poursuite des violations visant les migrants au Maroc, estimant qu’elles augmentent les risques de nouveaux drames aux frontières. De son côté, Zeca Da Silva, du collectif « Alarm Phone » a réaffirmé « l’engagement de sensibiliser les migrants à leurs droits et à leur porter assistance en cas de détresse en mer ».
Les participants ont également évoqué d’autres tragédies migratoires, notamment celles de Melilla-Nador en 2022 et de Ras Asfour en 2025, soulignant que la sécurisation des frontières ne peut justifier des atteintes au droit à la vie. La rencontre a été ponctuée de témoignages de migrants, d’animations artistiques et de la projection d’un documentaire consacré au drame « Melilla-Nador ».
Les organisations participantes ont conclu en appelant à l’ouverture d’enquêtes sur les violations commises à l’encontre des migrants, à la poursuite des responsables et à la fin de la criminalisation de la migration. Elles ont rappelé que « Alarm Phone » est une ligne d’urgence solidaire opérant 24 heures sur 24 pour assister les migrants en danger en Méditerranée.