GenZ212 : une semaine d’arrestations, de poursuites et de lourdes condamnations

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Les villes de Casablanca et Marrakech ont connu, en l’espace d’une semaine, une série d’arrestations, de poursuites judiciaires et de condamnations visant des militants de GenZ212, dans un contexte coïncidant avec le quinzième anniversaire du Mouvement du 20 février. Round-up.

Entre détentions, poursuites en liberté provisoire et peines qualifiées de lourdes, le débat s’intensifie autour de la multiplication des procédures judiciaires plaçant GenZ212, sous le feu des projecteurs au Maroc.

Les jeunes de GenZ212 ont affirmé que « l’arrestation de Mohamed Khalif intervient quelques jours seulement après les poursuites engagées contre Zineb Kharroubi, ce qui soulève de sérieuses interrogations quant à l’approche officielle envers des jeunes ayant choisi un engagement pacifique et responsable dans le débat public ».

Arrestation de Mohamed Khalif

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Casablanca a connu l’arrestation du militant du mouvement « Gen Z », Mohamed Khalif, le 17 février, et sa poursuite en détention provisoire a été décidée.

Le 17 février, le militant du mouvement « Gen Z » Mohamed Khalif a été arrêté à Casablanca et placé en détention provisoire pour « atteinte/diffamation contre le régime monarchique ». Le début de son procès a été fixé au 26 février.

Au cours de cette semaine, les forces de sécurité ont procédé à des interrogatoires et à la poursuite de plusieurs militants du mouvement.

Au cours de la même semaine, les forces de sécurité ont mené des opérations d’interrogatoire et de poursuite visant plusieurs militants du mouvement dans la ville.

Dans un communiqué, les jeunes de « Gen Z » ont estimé que cette arrestation de Khalif est liée à sa participation à des activités civiles et à l’expression de ses opinions dans l’espace public, exprimant leur inquiétude face à ce qu’ils considèrent comme un possible rétrécissement de l’espace accordé aux jeunes engagés dans le débat public.

Cette évolution intervient dans un contexte marqué par le quinzième anniversaire du lancement du Mouvement du 20 février, alors que circulent des informations sur des préparatifs de mobilisations sur le terrain pour réclamer la libération de détenus.

Cette évolution intervient alors que le pays commémore le quinzième anniversaire du Mouvement du 20 février, sur fond d’informations faisant état de préparatifs de mobilisations pour réclamer la libération de détenus, dont certains liés au mouvement.

Zineb Khroubi… poursuite en liberté provisoire

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Le 13 février, Zineb Khroubi a été interpellée à l’aéroport Marrakech-Ménara à son entrée au Maroc pour participer à un festival de cinéma. Après 24 heures de garde à vue, elle a été libérée, tout en restant poursuivie en liberté provisoire. Son procès devant le tribunal de première instance d’Aïn Sebaâ à Casablanca a été fixé au 23 février.

Résidant en France et militante au sein du mouvement GenZ212 à Paris, Khroubi est poursuivie pour « incitation à commettre des délits via des moyens électroniques ».

L’Association marocaine des droits humains (AMDH) a appelé à sa libération et à l’abandon des poursuites, estimant que l’affaire relève de la liberté d’opinion et d’expression. Elle a considéré que« la répétition de ces mesures restrictives dans un court laps de temps reflète un climat préoccupant portant atteinte au droit fondamental à l’expression, à l’organisation et à la participation civique ».

Lourdes peines à Marrakech 

La Cour d’appel de Marrakech a rendu, dans la soirée du mardi 17 février 2025, des jugements lourds à l’encontre de 48 personnes poursuivies dans le cadre des événements de Sidi Youssef Ben Ali.

Au cours de la même semaine, la Cour d’appel de Marrakech a prononcé, le mardi 17 février 2025, des peines lourdes et variées contre 48 personnes poursuivies pour leur implication présumée dans les événements de Sidi Youssef Ben Ali ayant accompagné des protestations liées à « Gen Z ».

Six accusés ont été condamnés à six ans de prison ferme pour des chefs d’accusation incluant « incendie volontaire, destruction de biens publics, vol qualifié, rébellion, agression de fonctionnaires publics et participation à une manifestation non autorisée ».

Quatre accusés se sont vu infliger au total 12 ans de prison ferme, tandis que 21 personnes ont été condamnées chacune à six mois de prison ferme pour « attroupement armé, rébellion, outrage à fonctionnaires publics et participation à une manifestation non autorisée ».

Sept autres accusés ont écopé de quatre ans de prison ferme pour « entente préalable en vue de commettre des crimes contre les biens, destruction de biens en réunion avec usage de la force et vol qualifié ».

Les autres prévenus ont reçu des peines allant de six mois à trois ans, certaines fermes et d’autres avec sursis.

Tiznit : mise en liberté après l’expiration de la peine

Entre le 16 et le 18 février, six membres de Gen Z à Tiznit ont retrouvé la liberté après avoir purgé leur peine.


Entre le 16 et le 18 février, six membres de « Gen Z » ont retrouvé la liberté à Tiznit après avoir purgé leurs peines. Le militant Mohamed Jaâ a été libéré le 18 février après cinq mois de détention à la prison d’Aït Melloul à Agadir, en lien avec sa participation aux mobilisations de Gen Z. Le 16 février, le jeune Amine Hassani a également quitté le même établissement pénitentiaire, après avoir été arrêté dans le cadre des protestations du mouvement.

Selon le site « Lakome2 », le groupe libéré comprenait sept détenus, dont la plupart avaient été condamnés à cinq mois de prison ferme : Khalil Edmouloud, Mohamed Jaâ, Ayoub Ihya, Moubarak El Ghouath, Mohamed Khlouq et Rachid Ouahdou, tandis qu’Abdellah Krich avait été condamné à quatre mois. Un second groupe comprenait Amine Hassani.

« Un climat préoccupant »

Les jeunes de « Gen Z » ont affirmé que « l’arrestation de Mohamed Khalif intervient quelques jours après les poursuites contre Zineb Kharroubi, soulevant de sérieuses interrogations quant à l’approche officielle envers des jeunes engagés pacifiquement dans le débat public ».

Le communiqué ajoute que « la répétition de ces mesures dans un laps de temps restreint reflète un climat préoccupant qui touche au cœur du droit à l’expression, à l’organisation et à la participation civique », soulignant que « l’expression d’opinions et la participation à des manifestations pacifiques sont des droits garantis par la Constitution et la loi, et ne peuvent être criminalisés en raison de divergences de positions ».

Les jeunes estiment enfin que « le recours aux poursuites et aux arrestations dans des contextes liés à l’activité civile sape la confiance entre la jeunesse et les institutions », appelant à « une approche plus ouverte favorisant la participation plutôt que sa restriction ».

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