À Meknès, les ouvrières de Sicomek debout malgré tout

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À Meknès, plus d’un an et demi après la fermeture brutale de l’usine textile Sicomek (ex-Sicom), les ouvrières poursuivent leur lutte acharnée pour obtenir justice. Déterminées et solidaires, elles campent devant l’hôtel Rif, propriété de l’ancien patron, défiant le temps, la répression et l’oubli. Reportage.

Ce dimanche 15 février, leur combat a pris une dimension nationale avec la venue de plusieurs associations et mouvements citoyens venus exprimer leur soutien.

Il est 10 h 30 à Meknès. Devant l’hôtel Rif, les ouvrières occupent l’entrée de cet établissement, propriété de l’ex-dirigeant de Sicomek. Des abris de fortune témoignent de leur présence : depuis un an et demi, elles ont quitté leurs foyers pour camper ici, jour et nuit, déterminées à faire entendre leurs revendications.

En 2018, la fermeture brutale de l’usine les a laissées sans emploi, victimes de licenciements abusifs de la part de leur patron étranger. Pendant dix-huit mois, elles ont tenu tête à l’injustice, occupant le parvis de l’usine abandonnée afin de réclamer leurs droits. Ce dimanche 15 février, leur lutte a trouvé un écho national grâce au soutien de plusieurs organisations et mouvements sociaux venus exprimer leur solidarité.

« Pour que justice soit faite »

Des pancartes décorent l’entrée de l’hôtel :
« Le patronat utilise l’article 19 du Code du travail pour licencier les ouvrières»,
« Cette grève devant cet hôtel est une protestation contre son propriétaire, responsable de la détresse de plus de 500 ouvrières et ouvriers »,

« Nous réclamerons nos droits jusqu’au bout. »


ou encore : « Nous demandons aux autorités de trouver une solution urgente à cette situation dramatique. »

Cette caravane nationale s’inscrit dans le cadre d’une mobilisation en soutien aux ouvrières de Sicomek, qui luttent depuis des années pour leurs droits après avoir été licenciées arbitrairement.

« Ces femmes vivent dans une précarité totale. Nous appelons le gouvernement à agir afin que justice leur soit rendue : leur lutte est légitime. »

« Ces femmes vivent dans des conditions extrêmement difficiles depuis des années et campent jour et nuit devant cet hôtel depuis plus d’un an et demi », affirme Khadija Ainani, coordinatrice de la Coordination nationale de soutien aux ouvriers et ouvrières de Sicomek. Elle ajoute : « Elles vivent dans une précarité totale avec leurs familles. Aujourd’hui, nous appelons le gouvernement à intervenir pour leur restituer leurs droits et rendre justice, afin de mettre fin à cette situation intenable. Leur lutte est légitime et leurs revendications sont justes. »

Le 15 février, la mobilisation a pris une ampleur nationale. Des acteurs de la société civile — l’Association marocaine des droits humains (AMDH), sections de Rabat, Bengrir et Nador, ATTAC Maroc, la Fédération nationale de l’éducation (FNE), ainsi que des étudiant·e·s de Meknès, Fès et Taza, des jeunes représentant la génération Z, des militantes et militants — ont convergé pour exprimer leur solidarité.

« Voir les militants venir nous soutenir dans notre lutte nous donne du courage et de l’espoir pour continuer. »

La journée a débuté par un sit-in, suivi d’une marche du centre-ville vers l’hôtel Rif, puis jusqu’à la préfecture de Meknès, afin de soutenir ces femmes dans leur lutte sans relâche.

« Beaucoup de collègues sont malades, incapables de se soigner ; nos enfants et nos familles souffrent… Mais cette lutte pour la dignité et la justice sociale est notre priorité, et nous ne céderons pas. »

« Voir les militants venir nous soutenir dans notre lutte nous donne du courage et de l’espoir pour continuer », confie Saïda, l’une des ouvrières. « Nous n’abandonnerons pas. Nous réclamerons nos droits jusqu’au bout. Beaucoup de collègues sont malades, incapables de se soigner ; nos enfants et nos familles souffrent… Mais cette lutte pour la dignité et la justice sociale est notre priorité, et nous ne céderons pas. »

Le sit-in a été suivi d’une marche jusqu’à la préfecture, rythmée par les prises de parole des membres des associations venues apporter leur soutien. Ouvrières, militantes et étudiantes ont uni leurs voix pour dénoncer des années d’injustice.

Debout malgré tout, ces ouvrières continuent de porter leur lutte pour la dignité et la justice.

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