Les réfugiés du Sud, les grands oubliés

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Les derniers chiffres sur la situation des réfugiés dans le monde indiquent une hausse des personnes déplacées de force, en majorité dans les pays du Sud dans le cadre de guerres oubliées. Décryptage. 

Des afghans déplacés de leur maison à la province de Helmand, en décembre 2021. Crédit photo: UNHCR.

À la fin de l’année 2021, le nombre de personnes déracinées par la guerre, les violences, les persécutions et les violations des droits humains s’élevait à 89,3 millions, « soit une augmentation de 8% par rapport à l’année précédente et bien plus du double du chiffre d’il y a dix ans », selon le rapport annuel du HCR sur les tendances mondiales (figure n°1). 

Source: Tendances mondiales, UNHCR, 2022.

Plus des deux tiers de l’ensemble des réfugiés dans le monde provenaient de cinq pays seulement. Ces cinq pays se trouvent dans le Sud. Il s’agit de la Syrie (6,8 millions), le Venezuela (4,6 millions), l’Afghanistan (2,7 millions), le Soudan du Sud (2,4 millions) et le Myanmar (1,2 million) (figure n°2)

Source: Tendances globales, UNHCR, 2021.

A ces réfugiés s’ajoutent les 5,8 millions de Palestiniens, relevant de la compétence de l’UNRWA. Ces chiffres ont été dévoilés par le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés dans son rapport annuel sur les tendances mondiales, à l’occasion de la Journée internationale des réfugiés. La grande majorité de ces réfugiés sont issus de conflits oubliés dans les pays du Sud. 

La majorité des pays d’accueil se trouve aussi dans le Sud.

UNHCR, 2022.

L’invasion russe de l’Ukraine – qui a provoqué la crise de déplacement forcé la plus rapide et l’une des plus importantes depuis la Seconde Guerre mondiale, a rappelé le drame et la dureté de l’expérience de l’exil, ainsi que les deux poids et deux mesures des Etats face à la question des réfugiés. Le tout dans un contexte où les déplacements forcés continuent de progresser. Cette année, la hausse des déplacements était de 8%. La majorité des pays d’accueil se trouve aussi dans le Sud de la planète (Turquie, Colombie ou l’Ouganda) (figure n°3).  

Le nombre total de réfugiés a augmenté en 2021 pour atteindre 27,1 millions. Parmi les pays où ce nombre a particulièrement augmenté, on peut citer l’Ouganda, le Tchad et le Soudan. La plupart des réfugiés ont été, comme c’est souvent le cas, accueillis par des pays voisins ne disposant que de peu de moyens. Le nombre de demandeurs d’asile à travers le monde a, quant à lui,atteint 4,6 millions, soit une hausse de 11% (figure n°4). 

L’année dernière, le nombre de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays en raison d’un conflit a augmenté pour la quinzième année consécutive, pour atteindre 53,2 millions. Cette augmentation s’explique par la recrudescence des violences et des affrontements dans certaines régions, notamment au Myanmar (figure n°5). 

Le conflit dans la région du Tigré en Éthiopie et dans d’autres régions a poussé des millions de personnes à fuir tout en restant dans leur propre pays. Les tensions au Sahel ont également entraîné de nouveaux déplacements internes, notamment au Burkina Faso et au Tchad“, conclut le HCR dans sa rapport des tendances mondiales.

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