Maroc : Le HCR sous pression face à la précarité croissante des réfugiés
Le mouvement de protestation des réfugiés Soudanais fait réagir le HCR. L’agence onusienne fait face à une vague de contestation. Entre crise de financement et afflux de nouveaux demandeurs d’asile, l’agence onusienne appelle à une mobilisation collective.
Si l’agence réaffirme « son respect pour la liberté d’expression et le droit de manifester pacifiquement », elle ne cache plus son inquiétude face à « une situation humanitaire qui se dégrade ».
Depuis plusieurs semaines, le siège du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) au Maroc est le théâtre de sit-in réguliers. Des groupes de réfugiés et de demandeurs d’asile y manifestent pour réclamer une amélioration de leurs conditions de vie et un accès effectif à leurs droits fondamentaux. Si l’agence réaffirme « son respect pour la liberté d’expression et le droit de manifester pacifiquement », elle ne cache plus son inquiétude face à « une situation humanitaire qui se dégrade ».
Un cri de détresse devant les bureaux de Rabat
L’organisation reconnaît ouvertement les « conditions difficiles » subies par ces populations, mais pointe du doigt un obstacle majeur : une crise de financement sévère.
L’organisation reconnaît ouvertement les « conditions difficiles » subies par ces populations, mais pointe du doigt un obstacle majeur : une crise de financement sévère. Ce manque de moyens impacte directement les capacités d’accueil, les délais de traitement des dossiers (détermination du statut) et les programmes de réinstallation vers des pays tiers.
L’urgence est d’autant plus pressante que la population de réfugiés et de demandeurs d’asile a poursuivi sa progression. Selon les données consolidées du HCR, le Maroc comptait au 31 décembre 2024 un total de 18 878 personnes enregistrées (dont 9 094 réfugiés et 9 784 demandeurs d’asile) issues de plus de 60 pays.
Cette hausse est notamment portée par l’arrivée continue de ressortissants soudanais fuyant le conflit dans leur pays, faisant d’eux l’un des groupes les plus représentés aux côtés des Syriens. Face à ces besoins croissants, le HCR exhorte les institutions publiques et la société civile à renforcer leur soutien pour garantir une réponse “efficace et inclusive” à cette crise qui dépasse désormais les seules capacités de l’agence onusienne.