Mineurs migrants à Nador : l’AMDH alerte sur des pratiques « illégales »
Des mineurs non accompagnés, des enfants et de jeunes candidats à la migration arrêtés, déplacés vers des villes éloignées et abandonnés loin des centres urbains. À Nador, l’Association marocaine des droits humains (AMDH) tire la sonnette d’alarme sur des pratiques qu’elle considère contraires aux droits fondamentaux des enfants. Les détails.
« La section de Nador de l’AMDH a saisi le procureur général du Roi près la Cour d’appel de Nador afin d’ouvrir une enquête sur de présumées violations visant des enfants, des mineurs non accompagnés et de jeunes candidats à la migration dans la province. »
La section de Nador de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) a adressé un courrier au procureur général du Roi près la Cour d’appel de Nador, l’appelant à ouvrir une enquête sur de présumées violations visant des enfants, des mineurs non accompagnés et de jeunes candidats à la migration dans la province. L’organisation alerte sur la gravité de ces pratiques qui toucheraient une population particulièrement vulnérable.
Des violations continues à l’encontre des mineurs migrants
« Nous avons constaté la poursuite de violations à l’encontre des mineurs non accompagnés, des enfants et des jeunes candidats à la migration durant ces deux dernières années. Ces pratiques prennent plusieurs formes, notamment des interpellations, des arrestations et des déplacements forcés vers le centre du pays »,Saïd Hadad, président de l’AMDH Nador
« Depuis plusieurs mois, nous observons des atteintes répétées aux droits des mineurs non accompagnés, des enfants et des jeunes candidats à la migration », affirme Saïd Haddad, président de l’AMDH Nador président de l’AMDH dans une déclaration à Enass. Selon lui, ces pratiques se traduisent notamment par des opérations d’interpellation suivies de transferts vers des villes de l’intérieur du pays. « Certains déplacements ont lieu en période de froid vers des régions comme M’rirt ou Khénifra, où les températures peuvent être particulièrement basses »,
Dans le même contexte ,dans son communiqué, la section de Nador de l’AMDH indique avoir documenté plusieurs cas concernant des enfants et des jeunes migrants conduits dans des locaux administratifs avant d’être transférés, souvent de nuit, vers des villes éloignées. L’association estime que ces opérations sont menées sans garanties judiciaires suffisantes ni cadre procédural clairement établi.
Saïd Haddad souligne également que les personnes concernées sont fréquemment déposées à l’extérieur des centres urbains. Elles doivent alors parcourir plusieurs kilomètres pour rejoindre le centre de la ville, avant de chercher par leurs propres moyens comment retourner à Nador.
L’AMDH affirme par ailleurs avoir recueilli des témoignages faisant état de violences physiques et de traitements qu’elle qualifie de cruels et dégradants.
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L’AMDH affirme par ailleurs avoir recueilli des témoignages faisant état de violences physiques et de traitements qu’elle qualifie de cruels et dégradants. L’association dénonce aussi le placement de mineurs dans des espaces non adaptés et en dehors des mécanismes de protection prévus par la législation nationale.
«Ces pratiques soulèvent de sérieuses préoccupations sur les plans juridique et des droits humains. Elles seraient incompatibles avec les engagements internationaux du Maroc»
Pour l’AMDH, ces pratiques soulèvent de sérieuses préoccupations sur les plans juridique et des droits humains. Elles seraient incompatibles avec les engagements internationaux du Maroc, notamment la Convention relative aux droits de l’enfant et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ainsi qu’avec les garanties constitutionnelles relatives à la liberté individuelle et à l’interdiction de la détention arbitraire.
« C’est pour cette raison que nous avons sollicité l’ouverture d’une enquête auprès du procureur du Roi, afin de protéger ces jeunes et ces mineurs non accompagnés et de veiller au respect des engagements du Maroc en matière de droits de l’enfant et de l’homm », conclut Saïd Haddad.