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Etudiants expulsés Kénitra : Colère et mobilisation contre El Midaoui 

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Alors que la polémique autour de l’exclusion de 22 étudiant·e·s de l’Université de Ibn Tofail Kénitra continue d’alimenter le débat public, la mobilisation estudiantine et associative ne faiblit pas.

Deux sit-in successifs ont été organisés cette semaine à Rabat pour dénoncer ce que les manifestants qualifient de « durcissement préoccupant » envers l’action étudiante et pour demander l’annulation des décisions d’expulsion visant les étudiant·e·s.

La Coordination de soutien et de défense des étudiant·e·s de Kénitra a organisé mercredi dernier un sit-in à Rabat pour dénoncer les mesures d’exclusion jugées « arbitraires », affirmant que « la défense des droits étudiants reste au cœur de son engagement ».

«Une tentative de museler la voix des étudiants »

Ce rassemblement, tenu devant le siège du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, visait à dénoncer la décision d’exclure 22 étudiants de l’Université de Kénitra en raison de leur participation à des activités étudiantes au sein du campus. La mobilisation s’inscrit dans le prolongement d’une vague de solidarité largement exprimée sur les réseaux sociaux et dans les milieux universitaires, appelant à rétablir les droits des étudiants concernés et à mettre fin à ce que beaucoup décrivent comme « un tournant inquiétant dans le durcissement contre l’action étudiante ».

Lors de ce sit-in, les participants ont brandi des slogans condamnant une « décision injuste » d’exclusion. Selon eux, les manifestations auxquelles les étudiants sanctionnés ont participé étaient pacifiques, et le recours à l’exclusion constitue « une atteinte flagrante au droit à l’éducation » ainsi qu’une menace directe pour les libertés fondamentales au sein de l’université, notamment la liberté d’engagement syndical et politique. Pour les manifestants, l’université doit demeurer « un espace de débat, d’expression et de formation citoyenne », et non un lieu dominé par « la sanction et l’intimidation ».

Les manifestants ont également alerté sur l’intensification des restrictions visant les étudiants actifs, en particulier ceux affiliés à l’Union nationale des étudiants du Maroc. Ils évoquent l’accumulation de mesures répressives : expulsions, poursuites judiciaires, arrestations, conseils disciplinaires et limitation croissante des activités culturelles et syndicales sur les campus. Une dynamique qui, selon eux, « n’apporte aucune protection à l’université marocaine » et ne fait qu’accentuer la défiance et le sentiment de ciblage.

« La présidence de l’université n’en est pas restée là dans la logique répressive. Elle est allée jusqu’à exclure 22 militantes et militants, dans ce que nous considérons comme une décision à la fois punitive et vengeresse », affirme Abdelmonim Ben Issa, étudiant exclu de l’Université Ibn Tofail . Pour lui, cette mesure revient à « condamner l’avenir » et constitue une atteinte directe au droit fondamental à l’éducation, pourtant garanti par la Constitution marocaine et les conventions internationales ratifiées par le pays.

Cette décision dépasse le simple cadre administratif et vise aussi « les activités militantes et syndicales au sein de l’université »

Selon lui, cette décision dépasse le simple cadre administratif et vise aussi « les activités militantes et syndicales au sein de l’université », traduisant une volonté de « faire taire la voix de l’Union nationale des étudiants du Maroc et celle des étudiants en général », malgré une dynamique qu’il décrit comme « vivante, créative et porteuse de propositions ».

Cette décision traduit la volonté de « faire taire la voix de l’Union nationale des étudiants du Maroc et celle des étudiants en général »

 «L’université doit rester un espace démocratique et un acquis collectif, ouvert à toutes les catégories sociales, et garantissant les libertés nécessaires à la formation et à l’engagement des étudiants », insiste-t-il.

«Ce qui s’est produit à l’Université de Kénitra n’est pas un événement isolé, mais s’inscrit dans un contexte plus large de pressions visant les formes d’organisation étudiante et les tentatives de dissuader les jeunes de s’exprimer ».

Pour les participants, ce qui s’est produit à l’Université de Kénitra n’est pas un événement isolé, mais s’inscrit dans un contexte plus large de pressions visant les formes d’organisation étudiante et les tentatives de dissuader les jeunes de s’exprimer, de débattre et de s’organiser. Ils appellent ainsi le ministère à « assumer pleinement sa responsabilité dans la préservation des libertés universitaires » et à garantir un environnement d’étude juste, équitable et respectueux des droits de tous les étudiants.

«L’université doit rester un espace démocratique et un acquis collectif, ouvert à toutes les catégories sociales, et garantissant les libertés nécessaires à la formation et à l’engagement des étudiants »

Un autre sit-in a été organisé dimanche 3 mai devant le siège du Parlement à Rabat, avec la participation de militants, défenseurs des droits humains et acteurs syndicaux. Les participants y ont exprimé leur solidarité avec les étudiant·e·s et exigé « l’annulation des décisions d’exclusion» .

À noter que le Tribunal de Première Instance de Kénitra avait condamné, le 26 février, 14 étudiants de l’Université Ibn Tofail à des peines allant jusqu’à deux mois de prison ferme dans le cadre de la même affaire, une décision qui continue d’alimenter l’indignation dans les milieux estudiantins et associatifs.

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