Migration : l’Intérieur mise sur Frontex, l’OIM et la coopération « sud-sud »

Dans son bilan 2026, le ministère de l’Intérieur met en avant ses partenariats avec les agences européennes et onusiennes et promet de renforcer la coopération avec les pays africains. Un récit officiel qui laisse dans l’ombre budgets, résultats et garanties pour les droits des migrants. Les détails.
Le document cite la fourniture aux services de sécurité d’équipements de surveillance, de communication, d’identification et de transport, ainsi que des visites d’échange d’expériences.
L’exercice annuel du bilan du ministère de l’Intérieur au moment de la discussion du Projet de loi des finances a permis à ce département de présenter ses résultats concernant les multiples activités qu’il gère. Parmi elles, la gestion des migrations à travers la Direction de la gestion des migrations et de la surveillance des frontières. Dans le rapport, cinq pages sont consacrées au bilan sur les migrations. Parmi les volets évoqués, la coopération entre la direction et ses partenaires internationaux.
Frontex, OIM, HCR : un réseau de partenaires
Selon le document, le ministère a poursuivi le renforcement de ses partenariats régionaux et internationaux, surtout européens, en matière de contrôle des frontières, de lutte contre le trafic de migrants et contre la traite des êtres humains. Il cite la fourniture aux services de sécurité d’équipements de surveillance, de communication, d’identification et de transport, ainsi que des visites d’échange d’expériences. Il évoque aussi une coopération consolidée avec Frontex, l’OIM, l’ONUDC, le HCR, l’UNICEF et l’ICMPD, notamment à travers des formations destinées aux forces de sécurité. Le texte ne précise ni la nature ni la valeur des équipements, ni leur provenance, ni le contenu de ces formations.
Il évoque aussi une coopération consolidée avec Frontex, l’OIM, l’ONUDC, le HCR, l’UNICEF et l’ICMPD, notamment à travers des formations destinées aux forces de sécurité.
Du bilatéral au « sud-sud »
Sur le plan bilatéral, le ministère fait état de réunions des groupes mixtes permanents sur la migration avec cinq pays européens : les Pays-Bas (2 avril, Rabat), la Belgique (30 avril, Rabat), la France (12 mai, Tanger) et la Suisse (22 mai, Rabat), ainsi que d’une commission mixte avec la Slovénie (22 juin, Marrakech). Il met aussi en avant la coopération avec la Mauritanie – lutte contre le trafic, échange d’informations, retours volontaires – et affirme qu’une délégation mauritanienne est venue s’inspirer de l’expérience marocaine en matière d’« humanisation » de la gestion des frontières.
Le texte ne précise ni la nature ni la valeur des équipements, ni leur provenance, ni le contenu de ces formations.
Pour l’avenir, l’Intérieur annonce, au nom des « instructions royales », davantage de coopération avec les pays d’origine et de transit, un renforcement des retours volontaires avec l’OIM, de nouveaux outils de veille face aux migrations collectives et à l’usage des réseaux sociaux par les passeurs, et une « approche humanitaire et préventive » pour les personnes vulnérables.
Depuis 2013, le Maroc revendique une politique migratoire dite humaniste, déclinée dans la Stratégie nationale d’immigration et d’asile et deux opérations de régularisation, en 2014 et 2017. Parallèlement, la coopération avec l’Union européenne, cadrée notamment par le partenariat de mobilité de 2013, s’est largement centrée sur le contrôle des frontières. Des organisations marocaines et internationales dénoncent de longue date des arrestations suivies de déplacements forcés vers le sud du pays et des violences aux frontières.









