Omar et Moustapha, morts à la frontière raciale de Paris

Enass media par 3

De  jeunes mineurs non accompagnés marocains ont été blessés, ou pire, y ont trouvé la mort en France. A l’instar d’autres frontières, celle que constitue Paris a tué. La communauté forgée dans l’exil parisien par les jeunes marocains a en effet été endeuillée un grand nombre de fois. Partie 3. 

[…] Sous l’effet de la répression raciste ciblant des corps jugés indésirables et violents en dépit de leur vulnérabilité, Paris est transformé en frontière sécurisée, sur laquelle est exercée une violence empruntant à des registres variés : humiliations, insultes, arrestations, blessures, absence ou refus d’assistance. 

Paris, frontière raciale infranchissable

 L’ensemble de ces violences visant à une forme d’expulsion par l’usure et la peur justifie de tracer des lignes de correspondance entre Paris et Sebta ainsi que Mlilya.

Cette frontière visible uniquement de ces jeunes – et bien entendu des autres réfugiés – s’apparente à celles qu’ils ont franchies auparavant et qui sont plus aisément identifiées comme relevant du régime racial des frontières. L’ensemble de ces violences visant à une forme d’expulsion par l’usure et la peur justifie de tracer des lignes de correspondance entre Paris et Sebta ainsi que Mlilya, qui présentent toutes deux un statut dérogatoire quant à la législation espagnole concernant les droits des mineurs étrangers. Dans ces deux enclaves coloniales, les jeunes fuient généralement les centres pour mineurs et, avec eux, la violence ainsi que le si peu de perspectives de régularisation si jamais la prise en charge s’y effectuait, préférant ainsi une vie provisoire dans la rue et exposée à ses risques.1 Un certain nombre de jeunes y ont été blessés, ou pire, y ont trouvé la mort. A l’instar d’autres frontières, celle que constitue Paris a tué.

Mohamed qui s’est noyé dans le canal de Saint-Denis, ville mitoyenne de Paris, en juillet 2020.

La communauté forgée dans l’exil parisien par les jeunes marocains a en effet été endeuillée un grand nombre de fois. Outre Mohamed qui s’est noyé dans le canal de Saint-Denis, ville mitoyenne de Paris, en juillet 2020,2 Omar Ahmadi est retrouvé mort dans des circonstances inconnues dans une rue du 13e arrondissement de Paris, en décembre 20233. Abdeljalil et Mustapha sont morts, certes dans des circonstances différentes, mais tous deux en prison, le premier en 2020, le second en 2023. La violence pénitentiaire sera abordée dans le deuxième volet de l’enquête. Une mort retient notre attention dans la mesure où elle implique la présence de policiers. Si aucune autre mort dans ces circonstances n’a a priori été identifiée, elle atteste à sa manière de l’impossibilité du franchissement de barbelés invisibles dressés dans tout Paris. Les violences policières ne se sont donc pas circonscrites au 18e arrondissement, du fait des déplacements de groupes, d’abord au Trocadéro dans le 16e arrondissement4 puis dans le 15e arrondissement, suscités quant à eux par l’installation précaire d’un foyer de nuit dédié à l’accueil des jeunes marocains mais au nombre de places si ridiculement bas. 

A l’instar d’autres frontières, celle que constitue Paris a tué. La communauté forgée dans l’exil parisien par les jeunes marocains a en effet été endeuillée un grand nombre de fois.

Le récit de la mort de Moustapha 

Abdeljalil et Mustapha sont morts, certes dans des circonstances différentes, mais tous deux en prison, le premier en 2020, le second en 2023. 

Le harcèlement policier qui s’y est exercé vise à les faire fuir de quartiers aux propriétés éloignées de la Goutte d’Or puisque touristiques et/ou bourgeois. C’est dans le 15e arrondissement qu’a été retrouvé mort Moustapha, électrocuté dans le métro le 23 juillet 2022.

C’est dans le 15e arrondissement qu’a été retrouvé mort Moustapha, électrocuté dans le métro le 23 juillet 2022.

A la tristesse ressentie par le groupe de jeunes qui le connaissait, s’est ajouté l’effroi face à la découverte traumatisante5 des conditions de sa mort : une solitude et une violence particulièrement redoutées par les jeunes. Cette mort a retenu une attention réductrice et déformée de quelques médias, l’envisageant exclusivement sous le prisme des faits divers6. Surtout, elle ne donne pas lieu à une enquête conséquente, laissant jusqu’à aujourd’hui tant de zones d’ombre, qui concernent toutes la présence policière. Ces zones ont été soulevées à partir des éléments réunis auprès de ses amis par une association œuvrant aux droits des mineurs étrangers7, ainsi que de ceux glanés dans une presse qui se contente de relayer la communication de la Préfecture de police et de certains élus. Une première zone d’ombre concerne la question de la responsabilité des polices municipale, nationale et ferroviaire avant même le drame. Moustapha faisait partie d’un groupe qui avait décidé d’aménager un abri de fortune sur la voie ferrée du métro aérien entre deux stations du 15e arrondissement. Cet abri dangereux du fait de sa localisation avait été nécessairement repéré par les agents de la sécurité de la régie chargée du métro (RATP) dans la mesure où son accès en avait été bloqué quelques jours avant la nuit funeste. Loin de les dissuader, ces entraves n’ont fait que rendre plus risqué l’accès à ce refuge auquel les jeunes ne pouvaient aussi facilement renoncer, ce dont la police a dû se rendre compte. Dans ce cas, il est légitime de se demander pourquoi de nouvelles mesures de sécurisation n’ont-elles pas été prises aussitôt, alors que ces jeunes étaient connus par les policiers, tout comme leur toxicomanie et leur épuisement général les exposant à une extrême vulnérabilité. La nuit-même du 23 juillet, entre 1 et 2 heures du matin, la police a été avertie de leur présence sur les voies ; si la police municipale est arrivée la première et a ordonné aux jeunes garçons de quitter les lieux, ce seraient des agents du Groupe de Protection et de la Sécurisation de la RATP, seuls habilités à se rendre sur les voies, qui auraient cherché Moustapha, dont la présence sur place a bien été établie. Selon la version officielle, ils auraient abandonné dans la nuit leurs recherches sur un tronçon assez court reliant les deux stations de métro. Que s’est-il exactement passé entre l’arrêt de ces recherches – dont l’heure n’est pas indiquée – et la découverte de son corps calciné par un machiniste à la reprise de son service à 5h45 du matin ? Moustapha aurait-il réussi à s’échapper et à revenir sur les voies pour y mourir électrocuté ? Cette hypothèse semble peu probable au regard de deux éléments. La veille, il s’était fait tabasser par des policiers dans le quartier et il n’aurait pas pris le risque d’en croiser si tôt de nouveaux. Surtout, il était dans un état semi-comateux, constaté par ses amis juste quelques heures auparavant, du fait d’une prise excessive de drogues. Beaucoup trop de questions à propos de ce moment fatidique demeurent sans réponse. Y-a-t-il eu une course poursuite, ou au contraire, un abandon prématuré des recherches, qui auraient conduit dans les deux cas à une mise en danger consciente. Pourquoi aucun mécanisme de mise hors tension n’a-t-il été actionné en l’absence de certitudes quant à sa présence sur les voies. Bien heureusement, le corps de Moustapha a été rendu à sa famille 8qui ne pleure donc pas un disparu, mais se trouve condamnée à ne rien savoir des derniers moments de sa vie. L’absence d’enquête judiciaire sur les motifs et les circonstances de sa mort renforce l’impression et l’idée que la frontière de Paris a englouti sa vie. La mort de Moustapha ne peut être envisagée comme accidentelle dans la mesure où elle s’inscrit dans une chaîne de violences qui l’a rendu inéluctable. Le récit reconstitué de ses derniers jours et de ses dernières heures rend compte, en dépit de ses nombreux trous, de l’existence d’un harcèlement policier quotidien visant les jeunes marocains, générant chez eux en retour des comportements trahissant la peur. Ce harcèlement se faisant plus pressant dès lors qu’un regroupement est repéré dans la ville constitue le premier dispositif pris à leur endroit, sans doute de manière immédiate et peu réfléchie, mais correspondant au premier objectif élaboré de manière tout aussi immédiate et peu réfléchie : faire fuir ces jeunes garçons du territoire de Paris. Il se trouve que cet objectif finit par s’imposer au niveau national, au terme de plusieurs années au cours desquelles l’Etat concevra des dispositifs ad hoc et spécifiques auxdits « mineurs non accompagnés marocains ».

Premier objectif élaboré de manière tout aussi immédiate et peu réfléchie : faire fuir ces jeunes garçons du territoire de Paris.

Faire disparaitre les haraga : Une obsession française

Le caractère local de la construction, par des discours et des pratiques, du « problème » des « mineurs non accompagnés marocains » ne doit pas camoufler la dimension nationale présente dès les premiers temps. Autrement dit, l’Etat est conduit à élaborer une politique spécifique à ce groupe du fait non seulement du caractère stratégique que revêt Paris, mais également de la dispersion des jeunes dans d’autres grandes villes françaises, comme Rennes, Nantes, Bordeaux, Montpellier ou Marseille. Simplement, Paris apparaît comme le lieu où, en même temps que se construit la figure du « mineur non accompagné marocain », s’expérimentent les différentes modalités mises à l’œuvre par ses soins au service de cette politique. Dans l’attente de l’accès aux archives et à des récits de hauts-fonctionnaires, il est possible de recomposer la logique des choix pris par le ministère de l’Intérieur, d’abord, puis de celui de la Justice en étroite collaboration avec le premier. Rétrospectivement, ce qui tient de politique bricolée au cœur de l’urgence et des pressions tous azimuts à Paris, entre 2017 et 2018, finit par influencer durablement l’orientation majeure adoptée visant à empêcher l’installation dans le pays de ces trop jeunes harragas. Cette orientation confine à une véritable obsession puisqu’elle ne connaîtra aucune inflexion jusqu’en 2024. 

Des « mineurs non accompagnés » jugés « irrécupérables »

L’Etat français réserve aux Marocains arrivés en tant que très jeunes harragas un traitement distinct sur un point déterminant : l’impossibilité décidée de leur octroyer une régularisation sous quelque motif.

A défaut de s’introduire dans la boîte crânienne de l’Etat, il est tout de même possible de proposer quelques éclairages à propos de la fixation portée sur lesdits « mineurs non accompagnés marocains ». Si l’Etat français dénie à un grand nombre de jeunes venus seuls de pays africains ou asiatiques la plupart de leurs droits les plus élémentaires, il réserve aux Marocains arrivés en tant que très jeunes harragas un traitement distinct sur un point déterminant : l’impossibilité décidée de leur octroyer une régularisation sous quelque motif. Certes, la prise en charge et la légalisation du séjour sont loin d’être systématiques pour les autres nationalités, s’obtenant le plus souvent au prix d’une lutte par l’endurance et sur le plan juridique, force est de constater qu’elles n’ont eu lieu pour aucun des Marocains9 passés en France depuis 2017 jusqu’à aujourd’hui10. Seuls sans doute les jeunes roumains roms11, précédemment, et les « mineurs non accompagnés »12 présents dans la colonie de Mayotte13, encore aujourd’hui, ont fait ou font l’objet d’une politique ultra-dérogatoire reposant sur des discours de criminalisation14. Le ciblage de ce groupe éclate grâce à la comparaison avec le traitement des adolescents algériens15 venus seuls en France, qui subissent certes la litanie des violences institutionnelles, policières et judiciaires similaires, mais qui bénéficient de la possibilité, même réduite, d’une protection 16et de l’éventualité d’une régularisation. L’impossibilité de toute régularisation – qui s’apparente à une interdiction muette – trace une délimitation qui enserre les jeunes marocains dès leur plus jeune âge. Ce ciblage s’opère contre une déclinaison réactualisée de la figure de la masculinité arabe menaçante, comme déjà indiquée, qui s’est cristallisée à la Goutte d’Or sous les traits de ces enfants et adolescents. Elle n’a pas été alimentée que par la seule répression policière, mais en synergie avec les discours développés par la Mairie de Paris en charge de la protection des mineurs sur son territoire, sans compter le concours de l’écrasante majorité des médias qui les ont colportés sans distance. La menace qu’ils incarneraient dépasse la simple commission de délits voire de crimes. Quel que soit leur âge, y compris avant 10-12 ans, les enfants marocains sont envisagés comme « irrécupérables », au sens où condamnés à la violence qui leur est infligée et qu’ils infligent eux-mêmes. Le caractère amendable prêté habituellement à la jeunesse leur est tout simplement confisqué puisqu’ils sont considérés comme entièrement socialisés par l’ordre de la rue et de l’illégalisme, et cela de manière précoce. 

L’impossibilité de toute régularisation – qui s’apparente à une interdiction muette – trace une délimitation qui enserre les jeunes marocains dès leur plus jeune âge.

« Inintégrables »

Même si le fantasme des « enfants de la rue » finit par être dissipé par des études, les préjugés accolés à ce groupe restent tenaces chez des responsables municipaux, associatifs et des journalistes. Les enfants marocains sont ainsi présentés comme inaccessibles17, rejetant toute aide, et de ce fait inintégrables à tout dispositif de protection, et par extension, à la société française. Les stigmates d’« irrécupérables » et d’« incontrôlables » composent le portrait les dessinant rétifs à l’ordre social (et scolaire) depuis leur tout jeune âge dans leur pays de naissance. Par un paradoxe d’apparence trompeuse, leur extrême jeunesse, loin de justifier une protection, constitue précisément l’alibi à son rejet au nom de son impossibilité. A cet égard, le propos tenu par la vice-procureur en charge de la section des Mineurs à Paris en 2018 lors d’un reportage18 de la télévision française, est éclairant. Elle déclare une incompatibilité entre ces jeunes et le système des foyers de la protection judiciaire de l’enfance, en n’en faisant porter la cause que sur leurs attitudes et comportements violents. Ce qui est remarquable c’est que cette violence viserait non seulement les autres pensionnaires mais aussi les « institutions ». Par l’idée d’une intrusion néfaste, elle affirme que la violence endémique de ces adolescents s’attaquerait aux institutions mises en place par l’Etat pour la protection des mineurs. L’intérêt de ce propos sert de révélateur de ce que l’ensemble des autorités pensent des « mineurs non accompagnés marocains » : leur présence hostile est une nuisance19. Dans ces conditions, les laisser s’installer dans les quartiers de Paris – plus largement en France – c’est laisser s’installer une source de nuisibilité contaminante. Il est possible d’avancer une hypothèse quant à ce statut. Sans doute que l’Etat et l’ensemble des autorités compétentes ont été frappés par ce qui a déjà été souligné à maintes reprises : la très grande jeunesse et la détérioration de la santé psychique et physique de ces enfants et adolescents. Ils présentent un profil inédit et déconcertant au regard des jeunes identifiés comme « Subsahariens » et « Maghrébins », principalement d’Algérie, de la Tunisie, mais aussi pour certains du Maroc, qui ont pour la plupart quitté leurs pays plus âgés, pourvus d’un niveau d’éducation atteignant le secondaire ou réussissant à s’intégrer vite dans le système scolaire et professionnel français, grâce à un certain nombre de qualités jugées adéquates20. De ce fait, leur projet d’installation est nettement plus identifiable, à savoir se former et trouver un emploi, tout en correspondant aux missions du dispositif dédié aux « mineurs non accompagnés » et aux attentes d’une économie néolibérale. Concernant lesdits « mineurs non accompagnés marocains », une prise en charge pérenne et soucieuse de leurs besoins aurait exigé la mise en place de dispositifs de protection nouveaux et plus coûteux21. En leur absence, l’abandon à la rue – et à ses dangers – a été jugé comme une étape provisoire, à l’image de leur présence dans l’ensemble du pays. 

A suivre…

| Par Samia Moucharik- chercheure indépendante 

PS : Les avis exprimés dans cette rubrique ne représentent pas nécessairement les opinions du média ENASS.ma

  1. Orianna Philippe, « Sebta transit : Jeunesses brisées (1/2)/ Vivre après la harraga », Blog de Migrinter, 2019 ↩︎
  2. https://www.leparisien.fr/seine-saint-denis-93/l-ile-saint-denis-un-jeune-se-baigne-dans-la-seine-et-se-noie-21-07-2020-8356326.php ↩︎
  3. https://www.bladi.net/enterrement-imminent-marocain-omar-ahmadi-paris-famille-recherchee,106280.html
    Cette mort n’a non seulement pas fait l’objet d’une véritable enquête, mais les autorités policières ont refusé l’aide proposée par une association dans la recherche de son identité via les réseaux sociaux grâce à la délivrance d’une photo de ses effets, privant une famille de connaître le sort de son enfant, et conduisant à un enterrement en région parisienne assuré par l’association Tahara. https://m.youtube.com/watch?v=kgJCT6uL8Ng  ↩︎
  4. L’article cité du Monde de mai 2021 reprend le nombre de gardes à vue dans le commissariat du 16e arrondissement : d’une vingtaine en 2019, il passe à 400 en 2020, y compris pendant le confinement.  ↩︎
  5. Aucun accompagnement psychologique n’est proposé à ses amis regroupés aux abords de la station de métro. Ils vont eux-mêmes organiser une collecte en vue d’un repas en hommage à Moustapha.  ↩︎
  6. https://www.leparisien.fr/paris-75/paris-un-mineur-retrouve-mort-sur-la-ligne-6-entre-pasteur-et-sevres-lecourbe-23-07-2022-YIEKPJTAONHB5PLWAAE4ULKOUA.php
    https://www.lefigaro.fr/faits-divers/paris-un-individu-retrouve-mort-sur-les-rails-du-metro-de-la-ligne-6-20220723
    https://www.bfmtv.com/paris/paris-le-corps-d-un-mineur-retrouve-calcine-sur-la-ligne-6-du-metro_AN-202207230183.html ↩︎
  7. https://blogs.mediapart.fr/sos-migrants-mineurs/blog/311022/plus-un-mort-sur-la-frontiere-quest-devenue-paris ↩︎
  8. Grâce au concours d’une association Tahara qui recherche les familles des défunts morts en exil et qui finance les rapatriements ou les enterrements en cas d’échec de cette recherche. ↩︎
  9. Si ce n’est pour l’un d’entre eux dont il sera question dans le troisième article. ↩︎
  10. Dans la mesure où les jeunes ont reçu une notification administrative préalable à une expulsion, et dont il sera question dans la dernière partie.  ↩︎
  11. https://shs.cairn.info/revue-archives-de-politique-criminelle-2008-1-page-321?lang=fr ↩︎
  12. Pouvant venir des Comores ou d’autres pays africains. ↩︎
  13.  https://journals.openedition.org/revdh/10658 ↩︎
  14. On peut ajouter la médiatisation des « mineurs non accompagnés » arrivant en Europe par les routes de l’exil empruntés par les Syriens et accusés de « terrorisme ». ↩︎
  15. Précisons d’emblée que l’un des dispositifs créés pour refouler les seuls Marocains en tant que mineurs a pour vocation d’être étendu aux mineurs algériens et tunisiens. Cf. la troisième partie ↩︎
  16. Selon des observations de militants associatifs, des jeunes algériens, même majeurs, bénéficient d’un suivi dans l’injonction à se soigner émise par les juges quand les Marocains, pourtant plus jeunes, en sont privés.  ↩︎
  17. La présence inattendue de quelques jeunes lors de la réunion publique de la Mairie en décembre 2017 fissure cette image en semant le trouble chez les habitant(e)s présent(e)s, à qui les autorités ne cessaient de répéter que ces enfants et adolescents présents dans leur quartier étaient inaccessibles.  ↩︎
  18. https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/migrants/video-les-enfants-perdus-de-barbes_2788525.html 
    Elle y déclare : « Ils ont mis en danger mes structures, les structures dans lesquelles nous plaçons les autres mineurs en danger », ainsi que : « Il y a eu une première étape, ils se sont retournés contre les institutions ». Le pronom possessif, qui détonne par rapport au reste de l’intervention maîtrisée semble échapper à cette responsable du parquet. ↩︎
  19. Tandis que le mot « parasite » est très souvent entendu de la bouche de policiers parisiens pour justifier leur inaction lorsqu’il s’agit de mettre les jeunes à l’abri. ↩︎
  20. Ainsi, lesdits » Subsahariens » se voient-ils attribuer les qualités de docilité et de motivation, très appréciées dans le rapport au travail scolaire et professionnel. ↩︎
  21.  Il aurait été nécessaire de faire appel à des pédopsychiatres capables de soigner les maux engendrés par les si nombreux traumas et les addictions qui se sont sédimentés depuis le départ du Maroc.  ↩︎

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