Au campus, une conscience nommée Rachid 

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Ce texte raconte le récit de la vie universitaire. La buvette est le domaine de Rachid, un homme de 59 ans, son départ a constitué un électrochoc pour les étudiant-e-s. On vous raconte son histoire. 

|Par Anass El Garne

Un campus comme tant d’autres, lieu d’apprentissage où les échanges interpersonnels, sociaux et culturels rayonnent. Au cœur de ce campus, espace convivial : la buvette. Tous les étudiants qui désirent échapper au continuum des cours, des examens et du stress, ou qui souhaitent simplement déjeuner, s’y rassemblent. L’atmosphère y est un tourbillon de conversations animées, de brouhahas et d’odeurs alléchantes.

La buvette est le domaine de Rachid, un homme de 59 ans au sourire doux et à la bienveillance communicative.

La buvette est le domaine de Rachid, un homme de 59 ans au sourire doux et à la bienveillance communicative. Sa silhouette discrète inspire confiance et met toute la communauté éducative à l’aise. Néanmoins, derrière ce sourire chaleureux se cachent les rides de son histoire. Cadet d’une famille pauvre et père de trois enfants, Rachid est le dernier espoir de sa famille. Il porte sur ses épaules le poids des responsabilités et le fardeau d’une situation financière difficile.

Malgré les obstacles, Rachid se projette dans les apprentis qu’il sert, voyant en eux ses propres enfants. Il est corps et âme dévoué à son travail dans la buvette du campus. Cette dernière qui est tapissée d’instructions strictes : « Interdiction de fumer », « Merci de jeter vos déchets dans la poubelle », « Prière de laisser l’espace propre »… Mais, face à l’insouciance des étudiants, Rachid se retrouve souvent seul face à une montagne de vaisselle sale, de mégots de cigarettes et de déchets qui jonchent le sol.

Une semaine particulièrement chaotique, la semaine des examens, met Rachid à bout. La fréquentation de la buvette explose, et Rachid se retrouve submergé par la surcharge de travail. Son esprit vacille sous le poids des tâches accumulées, et au nettoyage de la saleté qui l’entoure prend le pas sur le service. Plongé dans une situation précaire, Rachid n’a d’autre choix que de continuer à travailler sans relâche. Ses forces l’abandonnent petit à petit.

Un jour, le gérant de la buvette, agacé par l’état des lieux, se met à hurler sans prendre en considération ni ses efforts, ni son dévouement : « Rachid, ach had lkhdma na9sa ? 7ta tbla ma9ditich tjm3ha ! »     (« c’est quoi ce travail bâclé ? Même les tables tu n’arrives pas à les débarrasser ». Rachid ne peut contenir sa peine. Il jette son tablier, demande pardon et quitte la buvette, le cœur lourd et brisé.

Le dernier espoir de la famille se retrouve lui-même en quête d’espoir, à la recherche d’un nouveau travail qui lui permettra de survivre. La buvette n’est plus que l’ombre d’elle-même. Est-il juste d’un homme responsable perde son travail à cause de l’irresponsabilité civique et écologique des autres ?

Afin que la buvette soit réellement un lieu de vie et de convivialité, il faut élaborer un cahier des charges strict définissant les normes d’hygiène à respecter ; revivre la charte de la buvette, en la co-construisant avec tous les acteurs : étudiant.e.s, personnel et administration…   

Le départ de Rachid a été un électrochoc. Les étudiants ont pris conscience de l’importance de préserver ce campus qui leur est cher. Une nouvelle charte a été élaborée, plus détaillée et plus inclusive. Désormais, chacun se sent responsable de faire vivre cet espace et de le respecter.

Les murs étaient immaculés, les poubelles de tri débordaient de couleurs, et une ambiance conviviale régnait. Un groupe d’étudiants avait décidé d’inviter Rachid à revenir. Rachid, ému, avait accepté l’invitation. En franchissant le seuil du campus, il avait eu le sentiment de retrouver sa deuxième maison. Il avait alors pris la parole devant l’assemblée : « Je suis fier de vous tous. Vous avez prouvé que, ensemble, nous pouvons faire de ce monde un endroit meilleur ».

« Je suis fier de vous tous. Vous avez prouvé que, ensemble, nous pouvons faire de ce monde un endroit meilleur »

Rachid

En cultivant un dialogue intergénérationnel sur la gestion des déchets et le développement durable, notamment à travers des ateliers et des conférences animés par des experts, nous pourrions sensibiliser l’ensemble de la communauté universitaire aux enjeux environnementaux et favoriser l’émergence d’une conscience écologique. Respect des règles et initiatives citoyennes permettraient ainsi de créer un environnement propice au partage et à la durabilité.

En cultivant un dialogue intergénérationnel sur la gestion des déchets et le développement durable, […] nous pourrions sensibiliser l’ensemble de la communauté universitaire aux enjeux environnementaux et favoriser l’émergence d’une conscience écologique.

Unissons-nous pour un campus solidaire et durable !

Ce texte fait partie des résultats du projet de formation et d’écriture collective « Storytelling for Climate » porté par la maison d’édition En Toutes Lettres, en partenariat avec la Fondation Heinrich Boll- Rabat.  

PS : Le titre et les intertitres sont de la rédaction de ENASS.ma 

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