Critique de l’extractivisme hydrique au Maroc

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Le Maroc vit une ruée vers l’eau en bouteille. En quinze ans, la consommation par habitant a été propulsée de 5 à près de 40 litres. Plus de 1,3 milliard de litres écoulés chaque année : un marché devenu machine à cash.

Pourquoi un tel boom ? Parce que l’eau du robinet se dégrade, et que les marques ont flairé le filon. Influenceurs, stars du foot, campagnes massives en ligne, packagings pour enfants : tout est orchestré pour inscrire la bouteille dans les gestes quotidiens, du petit-déjeuner au café de l’après-midi.

« Le marché marocain de l’eau en bouteille explose, porté par la dégradation de l’eau du robinet et un marketing offensif. »

Résultat : un quasi-oligopole. Les Eaux Minérales d’Oulmès dominent, suivies par des mastodontes mondiaux – Coca-Cola, Nestlé, Danone – et les grandes fortunes marocaines, de Al Mada à Ynna Holding. Tous misent sur un produit peu coûteux, vendu très cher, avec des marges confortables et une demande captive.

« Rien n’est laissé au hasard pour capter du temps de cerveau et ancrer le réflexe de la bouteille. »

Les supermarchés servent de tremplin, les cafés normalisent la petite bouteille de 30 cl, et le business coule à flot. Au point que l’ONU classe le Maroc dans le top 10 mondial des marchés à plus forte croissance, tout en alertant sur une bombe écologique : la pollution plastique.

« Derrière l’image de pureté, c’est un extractivisme hydrique qui s’installe – rentable, discret et politiquement connecté. »

Sur le terrain, les populations ne profitent pas de cette manne. À Ben Smin ou Imouzer Kandar, des villages se sont révoltés contre l’assèchement de leurs sources.
Car derrière l’image de pureté, c’est bien un extractivisme hydrique qui s’installe – discret, rentable, et politiquement connecté. 

Notre dossier traite, pour une rare fois dans un média marocain, de manière critique et approfondie, ce secteur de l’eau en bouteille. Vous pouvez lire un reportage approfondi dans la région de Ben Smim, haut lieu de la résistance à la prédation hydrique, un aperçu sur le marché de l’eau en bouteille au Maroc et une interview avec un expert dans ce secteur. Et ce n’est que le début sur ce dossier invisible et craint…

Bonne lecture 

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