GENZ : La solidarité s’organise avec Kert et les détenus d’Agadir
À Agadir, colère et solidarité s’entremêlent. Mercredi 22 octobre, devant la Cour d’appel, militants, familles et amis se sont mobilisés pour réclamer justice pour Soufiane Kert, les jeunes détenus du “Gen Z” et les martyrs de Lqliâa.
A 10 heures du matin Mercredi 22 octobre, devant la Cour d’appel d’Agadir, la tension était palpable. Des militants, des familles de détenus, le père du jeune Abdesamad Oubela tué lors des événements de Lqliâa, la famille de Soufiane Kert, ainsi que des membres de la Coordination des habitants du Grand Agadir pour une santé publique de qualité et gratuite , étaient tous rassemblés, prêts à débuter le sit-in en solidarité à ce militant et aux autres jeunes détenus.
« Poursuit pour son engagement, pas pour un crime »
Avant même leur arrivée, forces de l’ordre et policiers étaient déjà postés face à la porte du tribunal. À 10h15, le sit-in démarre. Des pancartes se lèvent, portant des slogans : « Libérez le militant Soufiane Kert », « ils répriment mais nous restons solidaires », « Ouvrez une enquête sur la mort du martyr Abdesamad Oubela, le Makhzen doit rendre des comptes ».
« Soufiane n’est pas un criminel, il revendiquait la dignité et la justice sociale. Il voulait un Maroc meilleur, fondé sur le droit et l’équité »
La présence de Soufiane devant le juge d’instruction ne passe pas inaperçue. Ses deux sœurs, les larmes aux yeux, laissent éclater leur rage et leur sentiment d’injustice. « Il n’est pas un criminel, il revendiquait la dignité et la justice sociale. Il voulait un Maroc meilleur, fondé sur le droit et l’équité », lance sa sœur, la voix tremblante mais déterminée.
Son arrestation n’a rien à voir avec les événements violents : elle est politique, liée à son militantisme.
Aziane Ahmed, de la coordination, rappelle que « cette mobilisation n’est pas seulement pour Soufiane, mais pour tous les détenus et martyrs des événements d’Agadir et de Lqliâa « Tout le monde sait que Soufiane n’a jamais été impliqué dans la violence. Depuis des années, il milite à Agadir, il était présent lors des deux premières manifestations pacifiques devant l’hôpital Hasani pour réclamer un accès à la santé. Son arrestation n’a rien à voir avec les événements violents : elle est politique, liée à son militantisme », précise-t-il.
« Sa famille, ses amis, ses collègues sont ici pour sa libération immédiate de et de tous les jeunes détenus ainsi que pour demander justice pour les martyrs de Lqliââ»
« Sa famille, ses amis, ses collègues sont ici pour sa libération immédiate de et de tous les jeunes détenus ainsi que pour demander justice pour les martyrs de Lqliââ . Nous ne cesserons pas avant que justice soit faite », ajoute-t-il.
« Nous ne cesserons pas avant que justice soit faite »
Pendant une heure, le sit-in continue. Les participants lèvent la voix pour témoigner de l’engagement pacifique de Soufiane et de son innocence.
Parmi les passants, un jeune homme s’arrête devant la photo d’Abdesamad Oubela, reste bloqué pendant des instants ensuite lance « Je le connais, dit-il. C’était un jeune homme bon, pauvre Abdessamad, impossible qu’il ait été impliqué. » Le choc sur son visage parle de lui-même.
La coordination conclut la mobilisation avec un mot de la sœur de Soufiane avant que la foule ne se disperse, en attendant des nouvelles de l’audience. Plus tard, l’avocat annonce que le juge d’instruction a reporté l’audience afin que les témoins sollicités par Soufiane puissent être entendus.
Pour rappel, Soufiane Kert est l’une des figures du “Hirak de la santé” à Agadir. Il a participé aux deux sit-in pacifiques devant l’hôpital Hasani, surnommé localement « l’hôpital de la mort » en raison des décès répétés dans le service de maternité. Ces manifestations ont été déclenchées par la colère des habitants, après qu’huit femmes y ont perdu la vie ces derniers mois.