L’avocat, un fruit au goût amer 

Visuel Edito Enass
SALAHEDDINE LEMAIZI

ENASS.ma a produit durant les dernières semaines une enquête sur les cultures consommatrices d’eau au Maroc et plus précisément l’avocat. Notre travail mêle enquête de terrain et analyse des données.  Cette enquête se compose de deux grandes parties. Une première analytique et une deuxième basée sur des reportages de terrain, à travers des enquêtes situées dans la zone d’Al Gharb et du Loukkous. La première partie a permis de faire un état des lieux de la culture de l’avocat au Maroc. 

La deuxième partie s’est appuyée sur les techniques de l’investigation journalistique pour comprendre la culture de l’avocat au Maroc à travers trois aspects : La consommation de l’eau sur le terrain, les positions des promoteurs de cette culture et les conclusions du savoir scientifique à ce sujet. Quelles étaient nos conclusions ?

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L’éruption et l’extension des cultures agricoles fortement consommatrices d’eau comme la pastèque ou l’avocat questionnent le bilan social, politique et écologique du modèle agricole marocain. Des experts et des acteurs de terrain tirent la sonnette d’alarme. 

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Les exportations de l’avocat produit au Maroc ont bondi de 700% huit ans ! Au fil de notre enquête les promoteurs agricoles défendent cette expansion, tandis que les experts multiplient les mises en garde face aux risques écologiques à moyen terme.

Les terres et (peu) d’eau qui restent sont que des actifs financiers.

Surnommé “l’or vert” par les agriculteurs, la culture de l’avocat est prisé pour ce rendement financier. Les terres et (peu) d’eau qui restent sont que des actifs financiers. Pourtant, cette culture nécessite une quantité d’eau considérable (800 m3/kg d’avocat), un défi majeur dans un pays qui fait face à une crise hydrique structurelle. 

Cette culture nécessite une quantité d’eau considérable (800 m3/kg d’avocat), un défi majeur dans un pays qui fait face à une crise hydrique structurelle.

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Le cas de l’avocat n’est pas une exception. La pastèque a assoiffée Tata et Zagora. Plusieurs années plus tard, le gouvernement s’est résolu à prendre une décision de suspendre les subventions – généreuses- destinés à cette culture. La même décision a été prise pour l’avocat. A Zagora, la culture de la pastèque est désormais planifiée et limitée par décision du ministère de l’Intérieur et du département de l’Agriculture. Mais il est déjà trop tard. Pour l’avocat, le temps presse pour sauver ce qui reste de cette ressource rare.

Aout 2021, le groupe agricole israélien Mahadin annonce la conclusion d’une joint-venture avec un producteur marocain pour la culture de l’avocat au Maroc.

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Sauf que l’arrivée de fonds d’investissement étranger de l’agro-business de l’avocat inquiète même les acteurs marocains du secteur. Aout 2021, le groupe agricole israélien Mahadin annonce la conclusion d’une joint-venture avec un producteur marocain pour la culture de l’avocat au Maroc. à terme, il sera premier producteur d’avocats du pays.

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Cette opération vise le marché de l’export européen.  L’exploitation en question concerne une superficie de 500 hectares dans la région de Rabat-Salé. C’est un investissement géant de 9 millions de dollars sur trois ans gouvernement marocain.  La production annuelle annoncée est de 10.000 tonnes d’avocats, soit le tiers de la production nationale ! Une annonce qui inquiète par son gigantisme et ses risques sur les ressources en eau.

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