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 Lutte contre le sida : le Maroc à court de fonds 

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Malgré les avancées réalisées dans la lutte contre le sida au Maroc, la situation demeure fragile. Le travail des associations et le dépistage communautaire ont permis de stabiliser l’épidémie, mais la baisse des financements internationaux fait peser un risque réel sur des acquis essentiels et pourrait freiner la trajectoire vers 2030. Les détails.

« La réponse au VIH reste fragile »

À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, l’Association de Lutte Contre le Sida (ALCS) lance un avertissement clair : « la réponse au VIH reste fragile » peut-on lire dans le communiqué de l’ALCS, qui rappelle que les acquis obtenus depuis quarante ans « sont aujourd’hui menacés par la baisse mondiale des financements ».

Une crise silencieuse et un recul historique des financements

Le dernier sommet de reconstitution des ressources du Fonds mondial, tenu à Johannesburg, a révélé l’ampleur du danger. Au lieu des 18 milliards de dollars nécessaires, seuls 11,34 milliards ont été engagés. « Un recul historique », souligne l’ALCS, et surtout un signal alarmant pour les pays à revenu faible et intermédiaire, qui dépendent de ce fonds pour financer dépistage, prévention et traitements.

La baisse mondiale des financements, combinée à des vulnérabilités persistantes, menace les acquis obtenus depuis près de 40 ans

« Si, depuis quelques années, le recours au dépistage communautaire, à la réduction des risques, aux centres associatifs et à l’accès gratuit au traitement et aux méthodes innovantes de prévention, telles que la prophylaxie pré-exposition (PrEP), ont permis de stabiliser l’épidémie, ces acquis restent fragiles et sont même aujourd’hui menacés. La baisse mondiale des financements, combinée à des vulnérabilités persistantes, menace les acquis obtenus depuis près de 40 ans. », affirme l’ALCS.

La baisse des contributions « pourrait entraîner des millions d’infections évitables » et fragiliser des systèmes de santé déjà sous pression.

Dans le communiqué, l’association prévient que la baisse des contributions « pourrait entraîner des millions d’infections évitables » et fragiliser des systèmes de santé déjà sous pression. À l’échelle mondiale, ces coupes budgétaires pourraient provoquer jusqu’à 22,6 millions de décès supplémentaires d’ici 2030.

Maroc : des acquis réels mais sous haute pression

Environ 23 500 personnes vivent avec le VIH dont plus de 1080 enfants de moins de 15 ans


Au Maroc, l’épidémie est dite “concentrée” : environ 23 500 personnes vivent avec le VIH, avec un taux de couverture en antirétroviraux de 77 %, l’un des meilleurs de la région. La transmission mère-enfant connaît, elle aussi, une baisse notable.

Ces avancées, rappelle l’ALCS, « reposent sur un modèle communautaire solide : dépistage de proximité, réduction des risques, centres associatifs, accès gratuit aux traitements et à la PrEP. Autant d’actions qui ont permis de stabiliser l’épidémie ».

Mais la baisse des financements pourrait anéantir ces progrès. « Toute diminution des ressources du Fonds mondial aura un impact direct sur les programmes de prévention, de dépistage communautaire et de prise en charge », avertit l’association.

Quand les financements reculent, les vies basculent

La crise financière n’est pas un concept abstrait : elle touche des corps, des parcours, des vies. Moins de financement, c’est moins de tests, moins de centres ouverts, moins d’équipes sur le terrain, moins de moyens pour accompagner les populations les plus vulnérables.

Sans ressources, l’objectif d’éliminer le sida comme menace de santé publique d’ici 2030 devient illusoire.

Dans son communiqué, l’ALCS rappelle que « la lutte recule quand les financements reculent ». Et derrière ce constat, une réalité implacable : sans ressources, l’objectif d’éliminer le sida comme menace de santé publique d’ici 2030 devient illusoire.

Pour éviter l’effondrement, l’association formule un message clair aux autorités marocaines. Elle appelle à « sécuriser les financements actuels », à garantir l’approvisionnement « continu en tests de dépistage et outils de prévention », et à renforcer l’implication des communes et régions pour soutenir les interventions communautaires.

Elle rappelle également que « le secteur privé a un rôle essentiel à jouer » dans la prévention et l’accompagnement.

 « Le sida n’est pas terminé », insiste l’ALCS. Et d’ajouter : « les coupes budgétaires ne feront pas taire les acteurs de terrain qui, depuis des décennies, portent ce combat souvent dans l’ombre, toujours en première ligne ».

Enfin l’association appelle les médias en cette journée mondiale de lutte contre le sida à  « redonner la parole à celles et ceux qui, chaque jour, œuvrent pour maintenir vivante une lutte qui n’aurait jamais dû redevenir fragile ».

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