Recherches : Regards croisés sur la question de l’égalité
Le Laboratoire de Recherche Genre, Education, Littérature et Médias (GELM) au sein de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines Aïn Chock , a organisé le colloque « Regards croisés sur la question de l’égalité femmes-hommes au Maroc et ailleurs » les 22-23 mai. L’occasion d’un hommage à une des pionnières des études de…
C’est sous les applaudissements que Pr Rajaa Nadifi est entrée à l’amphithéâtre, Driss Chraibi de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines Aïn Chock à Casablanca. Plusieurs responsables universitaires, des chercheurs venus de nombreux pays, des doctorants de diverses disciplines, des étudiants étaient également présents à cette rencontre scientifique dont le but ultime serait de faire un état des lieux sur les recherches autour de l’égalité femmes-hommes et des études du genre au Maroc et dans le monde.
« Discuter avec une chercheure marocaine »
« Ce colloque s’inscrit dans une dynamique de réflexion pluridisciplinaire. Pour cette raison, notre rencontre d’aujourd’hui réunit des chercheurs de divers horizons académiques autour d’une thématique d’une grande actualité et d’une portée sociale majeure », rappelle Hind Aassouli, professeur universitaire et coordinatrice de cette rencontre scientifique. Dans son mot d’introduction,
Pr Aassouli souligne que « ce colloque est également l’occasion de rendre hommage à notre collègue, la Professeure Rajaa Nadifi, dont l’engagement intellectuel et humain a profondément marqué plusieurs générations d’étudiantes et d’étudiants, et a grandement contribué au rayonnement de notre faculté ».
« Pre Rajaa Nadifi, dont l’engagement intellectuel et humain a profondément marqué plusieurs générations d’étudiantes et d’étudiants ».
Zakaria Kadiri, vice-doyen à la recherche scientifique et à la coopération internationale au sein de la FLSH Ain Chock, a insisté sur « l’importance de ces rencontres d’hommage au sein de l’institution universitaire serait non seulement pour faire le bilan d’un ou d’une chercheure mais également de débattre de ses travaux ». Pr Kadiri a rappelé « le rôle déterminant de Pre Nadifi au sein de la faculté pour porter des projets et des structures de recherches en matière de genre et d’activités scientifiques de l’Université ».
Avec G. Gillot, Pre Nadifi avait organisé “Les états généraux de la formation et la recherche sur le genre au Maroc” en 2015.
Dans la même séance inaugurale, Pre. Gaelle Gillot de l’Université Paris I, a rappelé « la trajectoire scientifique commune entre nos équipes et celles de Pre. Nadifi autour des travaux sur le genre et l’égalité depuis plus d’une décennie ». Les travaux de Pre. Gillot et Nadifi avaient permis d’organiser rencontres scientifiques et de publier des ouvrages collectifs autour de ces questions de recherches. Avec G. Gillot, Pre Nadifi avait organisé “Les états généraux de la formation et la recherche sur le genre au Maroc” en 2015. Elles avaient publié un ouvrage collectif « La marche vers l’émancipation ? Travail et Education des Femmes au Maroc » (Afrique Orient, 2018). Dans un contexte d’attaques internationales sur la recherche du genre, avec le backlash porté par le discours réactionnaire et « anti-woke » au sein des universités européennes et américaines, Pre. Gillot a invité « les chercheurs d’ici et d’ailleurs a continuer de porter ces thématiques essentielles à travers des travaux scientifiques ».
Trois questionnements
Le colloque “Regards croisés sur la question de l’égalité femmes-hommes au Maroc et ailleurs” a proposé durant deux jours d’explorer les dynamiques de l’égalité des sexes à travers une approche comparative et pluridisciplinaire. « Trois grands questionnements structurent les débats et les contributions. Premièrement, que sont les obstacles structurels, socioculturels et politiques à l’égalité femmes-hommes, et comment les lois, les politiques publiques, ainsi que les stratégies de prévention et de sanction des violences peuvent-elles transformer les rapports de genre malgré toutes les entraves? Deuxièmement, le rôle que jouent les médias, la littérature, les discours religieux ou politiques dans la construction des stéréotypes genrés et des perceptions de l’égalité, et comment ces représentations influencent-elles les normes sociales et culturelles ? Enfin, quelles stratégies et quels leviers permettraient de favoriser l’autonomisation des femmes, leur participation dans l’économie et la société, tout en tenant compte des intersections avec d’autres formes d’exclusion à l’image de la classe sociale, l’âge ou l’ethnicité, ainsi que l’impact global de ces inégalités sur le développement économique et social ? », expliquent les organisateurs de cette rencontre scientifique. Pour rappel, Pre Nadifi est spécialiste en littérature et études de genre, coordinatrice d’un des premiers Master en genre au Maroc, entre 2010 et 2018). Elle a été fondatrice et directrice du Laboratoire de recherche genre éducation littérature et médias. Elle a mené plusieurs enquêtes dont une enquête sur les masculinités et l’égalité de genre dans la région Rabat Salé Kenitra en 2015.