Répression de la GenZ : les huit griefs de l’AMDH

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L’Association marocaine des droits humains (AMDH) a révélé, ce 24 octobre à Rabat, un rapport accablant sur les « arrestations arbitraires et procès » visant les jeunes du mouvement GENZ212, actif depuis fin septembre. Les détails. Selon ses chiffres, 2000 arrestations ont été recensées à travers le pays depuis le 27 septembre, date des premières…

2000 arrestations, 1000 détentions préventives, 500 libertés provisoires, des centaines de mineurs interpellés

Selon ses chiffres, 2000 arrestations ont été recensées à travers le pays depuis le 27 septembre, date des premières manifestations réclamant de meilleures conditions dans les secteurs de la santé, de l’éducation et de la lutte contre la corruption.
Pour l’AMDH, la réponse des autorités s’apparente à une répression généralisée couvrant l’ensemble du territoire.

« Harcèlement et humiliations dans les commissariats »


« De nombreuses personnes entendues ont déclaré avoir subi des violences psychologiques et morales graves. »

« Nous avons documenté de nombreuses violations : répression excessive, arrestations arbitraires, restrictions à la liberté d’expression et de réunion pacifique », a déclaré Me Souad Brahma, présidente de l’AMDH.
L’association dénonce notamment les violences policières, les conditions de détention indignes et les atteintes à la liberté de la presse.
Voici les huit principaux griefs retenus par l’AMDH :

1. Interdiction des manifestations : Les premiers sit-in ont été réprimés au motif d’absence d’autorisation, en contradiction avec la jurisprudence marocaine qui reconnaît le droit de rassemblement pacifique sans autorisation préalable.

2. Violence lors des gardes à vue : Des détenus, dont Anouar Ikhmamouch de Kasba Tadla, auraient été isolés et contraints à signer des procès-verbaux sous la menace.

3. Harcèlement sexuel et violences morales : Une jeune femme aurait subi des propos à connotation sexuelle à Rabat. D’autres manifestants évoquent insultes et humiliations pendant la garde à vue.

4. Conditions indignes : Entassement, absence d’hygiène et non-respect des normes minimales dans plusieurs commissariats.

5. Usage disproportionné de la force : Les rassemblements des 27, 28 et 29 septembre auraient été dispersés avant même leur commencement, en violation du Dahir sur les libertés publiques.

6. Violences policières : Des vidéos montrent des agents lançant des pierres sur des manifestants à Inzegane et frappant des citoyens pacifiques, sans qu’aucune enquête ne soit ouverte.

7. Délit de solidarité : Des citoyens ont été arrêtés pour avoir voulu suivre les nouvelles de leurs camarades devant les tribunaux.

8. Atteinte à la liberté de la presse : Des journalistes ont été arrêtés ou empêchés de couvrir les manifestations. Le Syndicat national de la presse marocaine a confirmé ces entraves, interprétées par l’AMDH comme une tentative d’imposer un récit officiel.

« Ce rapport reste provisoire. Nos sections poursuivent la collecte des données, car la répression continue chaque jour », a conclu Me Brahma, annonçant la création d’une commission d’enquête interne sur les événements de Lqliaa.

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