« Autopsie d’un message » : le GADEM décortique la haine post-CAN
Alors que la CAN 2025 avait été saluée pour son atmosphère de vivre-ensemble, les heures suivant la finale ont vu ressurgir des tensions raciales et des messages xénophobes massivement relayés en ligne. Face à cet emballement inquiétant, le GADEM lance la campagne « Autopsie d’un message » pour analyser et déconstruire ces discours qui marquent durablement l’espace public.
Dans un communiqué publié à l’occasion de la Semaine de lutte contre les discriminations, le GADEM revient sur cet épisode qui a profondément marqué ses observateurs. L’objectif : comprendre les mécanismes qui permettent à des discours raciaux de surgir, de circuler, puis de s’enraciner dans l’espace public numérique.
Quand l’euphorie bascule
À l’occasion de la Semaine contre les discriminations, le GADEM analyse comment les discours raciaux émergent et circulent en ligne.
Selon le GADEM, les violences verbales et physiques documentées après la finale dépassent largement la tension sportive habituelle. Les réseaux sociaux ont vu circuler des propos radicaux, dont l’un deviendra le point de départ de la campagne :
« On les a accueillis, on les a valorisés et ils nous ont pris la coupe par la force. Il faut les expulser tous ». Ce message, 610 000 vues, 30 100 likes, 4 700 partages, constitue un symptôme inquiétant. « Certains messages visaient une présence. Le droit d’être là », rappelle l’organisation.
Les violences verbales et physiques documentées après la finale dépassent largement la tension sportive habituelle
Le communiqué souligne toutefois un point essentiel : ces discours ne reflètent pas l’ensemble de la société. « Si une partie des Marocains a été touchée par ces messages xénophobes…, une autre partie, bien plus importante, ne s’y est pas reconnue. », souligne l’association.
Une série en sept volets pour décortiquer de la haine en ligne
« Autopsie d’un message est une série en sept épisodes pour analyser la logique et l’impact de ces discours. »
Dans ce contexte, le Gadem lance la campagne « Autopsie d’un message », une série de sept épisodes, diffusée du 21 au 27 mars 2026, avec l’objectif de décortiquer ces discours, leur logique et leurs impacts. Chaque publication se penche sur un angle spécifique.
- Le contexte d’apparition du message
- La logique qui structure ce type de discours
- Les conditions de sa viralité
- Ses conséquences dans la vie réelle
- Ce que dit le droit marocain
- Comment réagir lorsqu’on en est victime
« La série se conclura par une table ronde publique, organisée dans le cadre des L’Mchaoura du GADEM, un espace d’échange collectif », explique l’association.
Un appel à la vigilance collective
Le lancement de la campagne coïncide avec la Journée internationale pour l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, date marquée par le souvenir du massacre de Sharpeville (1960). Pour le GADEM, c’est un moment clé :
« Comprendre comment ces discours s’installent en ligne est la première condition pour ne pas les reproduire, ne pas les laisser s’ancrer et ne pas les banaliser. »
« Ce travail n’est pas un procès. Il ne cherche pas à culpabiliser, mais à donner les outils nécessaires pour comprendre comment les préjugés raciaux s’installent et ce qu’ils infligent aux sociétés.», GADEM
Le communiqué insiste : ce travail « n’est pas un procès ». Il ne cherche pas à culpabiliser, mais à donner les outils nécessaires pour comprendre comment les préjugés raciaux s’installent et ce qu’ils infligent aux sociétés.
À travers « Autopsie d’un message », le GADEM pose une question fondamentale : que devient une société lorsqu’un message viral peut transformer des tensions sportives en discours d’exclusion ?