Biodiversité en débat dans la région orientale

Crea article can

A l’occasion de la Journée mondiale de la biodiversité, plusieurs activités ont été organisées par la société civile et les institutions universitaires et éducatives de la région de l’Oriental, dimanche 26 mai 2024, sur le fleuve de la Moulouya. Focus

Cette année 2024, la célébration s’est déroulée sous le thème “Participez au plan”, mettant en lumière le déclin rapide et massif de la biodiversité, qui constitue une menace importante pour toutes les ressources naturelles ainsi que pour les humains.

Ensemble pour préserver la biodiversité

Cette année la célébration s’est déroulée sous le thème “Participez au plan”, mettant en lumière le déclin rapide et massif de la biodiversité.

Ces activités comprenaient des événements scientifiques et de sensibilisation, visant à accroître la prise de conscience sur l’importance de la préservation de la biodiversité. À cette occasion, des participants, dont des étudiants, des professeurs d’université et des militants communautaires, ont mené une campagne de nettoyage sur le site.

A lire aussi : Stress hydrique : Le fleuve Moulouya en danger

Lors de la première partie de la rencontre, trois conférences ont été présentées sous la direction du professeur universitaire Sebai Abdelkader, qui a donné un aperçu sur les facteurs ayant contribué à la dégradation de la biodiversité sur le site biologique de la Moulouya, et à l’érosion du littoral après la construction des barrages sur le fleuve Moulouya, qui alimentait le littoral en sédiments nécessaires à son équilibre. Pour sa part Yaacoubi Abdelkader a parlé de la variété des facteurs naturels dans la région de l’Oriental, et de la diversité de ses zones géographiques, qui ont contribué à créer une biodiversité riche dans la région, en particulier sur le site de l’estuaire de la Moulouya, avec sa diversité de plantes, d’oiseaux, de poissons et de reptiles, explique le communiqué. Ensuite, ont été abordés la question du déclin des ressources en eau dans le bassin de la Moulouya et la rareté de l’eau qui y sévi, provocant des ravages en termes de répercussions négatives sur le couvert végétal dans la région, par conséquent sur la production agricole.

Le fleuve Moulouya: Un cri d’alerte

L’urgence de limiter le pompage au niveau des stations existantes pour préserver le débit écologique du site biologique de la Moulouya.

Lors de cette conférence, le site de la Moulouya a été abordé à travers trois points essentiels. Premièrement, l’importance de sa biodiversité, riche en écosystèmes variés incluant plantes, oiseaux, poissons, amphibiens et reptiles. En second lieu, viendront  se greffer les contraintes et les facteurs de dégradation, notamment les impacts des stations de pompage et des barrages sur le débit écologique de la Moulouya, ainsi que les risques posés par la construction de nouveaux barrages. Enfin, les politiques publiques marocaines visant à protéger cette zone humide.

A lire aussi : Demain, la fin du fleuve Moulouya ?

Cependant, l’accent a été mis sur  plusieurs infractions dont la non-conformité avec les politiques de protection de l’environnement, les violations des traités internationaux comme la Convention de Ramsar et la Convention sur la diversité biologique, ainsi que diverses lois nationales, incluant la Constitution de 2011, la Charte nationale de l’environnement et du développement durable, et les lois sur l’eau et sur l’impact environnemental.

En clôture de l’événement, plusieurs recommandations devant être portées à l’attention des décideurs ont émergé de ces échanges. Parmi celles-ci, la suggestion d’accorder à la Moulouya une personnalité morale légale et d’élever la protection légale de son site écologique au statut de parc national conformément à la loi sur les réserves naturelles.

De plus, il a été recommandé de réaliser une étude hydrologique et biologique pour déterminer le débit écologique de la Moulouya, de mettre en place un plan de gestion pour le site et de garantir le respect de son débit écologique conformément à la loi sur l’eau.

L’importance d’émettre des textes d’application pour certains articles de la loi sur l’eau a été soulignée en intégrant les programmes environnementaux dans les plans d’action des collectivités territoriales et de promouvoir la réutilisation des eaux traitées à des fins agricoles ou environnementales.

Enfin, il a été préconisé de limiter le pompage au niveau des stations existantes pour préserver le débit écologique du site biologique de la Moulouya.

À Lire aussi
  • Critique de l’extractivisme hydrique au Maroc

    Le Maroc vit une ruée vers l’eau en bouteille. En quinze ans, la consommation par habitant a été propulsée de 5 à près de 40 litres. Plus de 1,3 milliard de litres écoulés chaque année : un marché devenu machine à cash.

    Screenshot 2026 03 06 at 18.12.03

    Edito

    6 mars 2026
  • Ben Smim : Entre manne financière et défis de transparence 

    À la tête de la commune rurale de Ben Smim (Province d’Ifrane), Achour Lahssini gère un dossier sensible : l'exploitation de la source d'eau par l’unité industrielle locale. Entre un budget dopé par les taxes et une réelle difficulté à contrôler les volumes extraits, le président de la commune livre un diagnostic sans concession sur…

    Capture d’écran 2026 02 24 à 03.57.55

    Enquêtes

    5 mars 2026
  • « Exploitation des sources d’eau : un marché peu transparent »

    Pour Mehdi Lahlou, spécialiste des questions environnementales, l’exploitation des eaux de source au Maroc reste un secteur opaque, où les promesses de développement local n’ont jamais été concrétisées. À partir de deux cas emblématiques — Ben Smim et Immouzer Kandar — il revient sur quinze années de gestion contestée et de dégradation des ressources. Interview.

    Screenshot 2026 03 04 at 22.26.22

    L’Invité

    4 mars 2026
  • Inscrivez-vous à la Newsletter des Sans Voix 


    Contre l’info-obésité, la Newsletter des Sans Voix